Shortbus
Réalisé par John Cameron Mitchell (2006)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 08/11/2006 |
| Note | 9/10 |
A New York, Jamie et Jamie vivent en couple depuis cinq ans, mais ils veulent tenter de nouvelles expériences en invitant un troisième homme dans leur intimité. Sofia est une conseillère de couple qui n'arrive pas à admettre ses propres frustrations sexuelles à son mari Rob. Et Severin a perdu toute capacité à établir une relation sentimentale, à force de gagner son argent comme prostituée dominatrice. Ils se retrouveront tous au "Shortbus", un endroit où tout est permis.
Les critiques
Par Tootpadu 10/11/2006
Le point de départ de ce deuxième film de John Cameron Mitchell, après le déjà excellent Hedwig and the Angry Inch, ne diffère sans doute pas des ambitions à l'origine de quelques fleurons lamentables d'un certain cinéma d'auteur français (On ne devrait pas exister et Exes). Mais son approche pratiquement révolutionnaire fait fi de toute pudibonderie et de toute tentative d'appropriation de la sexualité pour un but qui ne serait pas le sien. Le sexe en tant que prolongement de la sexualité humaine se suffit ici à lui-même. Tous les personnages ont beau s'identifier à travers leur sexualité, celle-ci existe en quelque sorte en dehors d'eux, telle une manifestation gigantesque de la capacité jouissive de l'homme et de la femme. Ce n'est donc pas par hasard qu'un immense orgasme libérateur redonne à la fin du jus à toute une ville, réinventée à travers des maquettes numériques séduisantes.
Encore plus que lors de son opéra rock précédent, John Cameron Mitchell s'impose comme un maître du ton débridé, qui sait pourtant soutenir des émotions délicates dans un environnement littéralement bordélique. Les séquences magistrales abondent alors dans ce kaléidoscope d'une sexualité qui se fraie un chemin vers le plaisir premier au sein d'une époque en manque de sensations.
Vu le 26 septembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO
Revu le 9 novembre 2006, au MK2 Bibliothèque, Salle 6, en VO
Par Mulder 06/11/2006
Les premières images du film donnent rapidement la donne : une mise en scène surprenante avec beaucoup de couleurs et de sexe entre homosexuels, bisexuels, hétérosexuels ... Beaucoup d'effets aussi sont utilisés : la ville de New York est reproduite en une maquette où la caméra s'engouffre pour entrer dans la vie intime des jeunes New-Yorkais. Entre la femme qui simule l'orgasme à son mari depuis des années et la vie de couples homosexuels, les tabous tomberont vite. Le sexe de l'homme n'est plus caché.
A posteriori, on en vient vite à penser que ce film est assez pro homo et que l'hétéro dans tous ça se ressent un peu délaissé. Selon John Cameron Mitchell, le plaisir est trouvé dans l'homosexualité. Honnêtement, sur ce point, mon opinion est totalement différente de la sienne. Avec ce film, John Cameron Mitchell nous présente donc une comédie new-yorkaise très chaude à tendance homosexuelle qui nous fait réfléchir.
Ce film, qui risquera de choquer beaucoup de monde, reste très drôle (la scène de la reprise de l'air national américain fera pouffer de rire n'importe quel hétérosexuel). Il est donc une belle petite réussite, même si les scènes de cul sont dignes des productions X gays du moment ce qui réduit notre plaisir de cinéphile hétérosexuel ...
Vu le 26 septembre 2006, au Club de l'Etoile, en VO