Kid stays in the Picture (The)
Réalisé par Brett Morgen, Nanette Burstein (2005)
Documentaire
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 06/07/2005 |
| Note | 5/10 |
La vie de la légende de Hollywood, Robert Evans : de ses débuts comme industriel du pantalon féminin et comme acteur médiocre, en passant par son heure de gloire, lorsqu'il supervisait à la tête de la Paramount la production de classiques comme "Rosemary's Baby", "Love Story" et "Le Parrain", avec un mariage idyllique avec Ali McGraw en prime, jusqu'à sa longue période de déchéance, marquée par la drogue, des soucis judiciaires et de santé et l'échec de ses films.
La critique
Par Tootpadu 18/07/2005
Curieusement, les deux seuls éléments vraiment exceptionnels de ce documentaire à forte connotation autobiographique se trouvent tout au début et pendant le générique de fin. La citation mise en exergue sur les trois façons de considérer des faits (la mienne, la tienne, la réalité) témoigne en effet d'un recul et d'une lucidité largement absents par la suite. De même, l'improvisation de Dustin Hoffman sur Robert Evans vingt ans après le tournage de Marathon Man est le seul moment jubilatoire, gardé pour la fin.
Le problème capital de cette longue séance d'encensement de la carrière d'une des figures de proue du Hollywood des années 1970 est son absence totale d'objectivité. Le genre documentaire dispose évidemment d'un capital impartial mythique, mais à la base, toute démarche dans ce sens se doit de jeter un coup d'oeil critique et engagé, d'une façon ou d'une autre, sur le sujet qu'elle a choisi. Mais dans ce cas-ci, nous assistons à une longue suite d'auto-confessions de la part de Robert Evans, d'ailleurs enregistrées antérieurement pour des raisons différentes, sur fond de photos et d'articles d'époque, d'entretiens de télé, d'extraits de films et de prises de la demeure luxueuse du dernier nabab. Cette façon de procéder très consensuelle et répétitive à la longue est d'ailleurs encore aggravée par le refus de laisser la parole à un intervenant autre qu'Evans. Notre espoir de voir une mise en abîme astucieuse de la vie du producteur dans le style de ses remarques préliminaires est alors amèrement déçu.
Vous entendrez donc le vieil Evans, revenu de tout, raconter sa vie de son unique point de vue personnel. Cela implique une dose considérable d'auto-suffisance et d'arrogance, avec quelques rares coups bas de règlement de compte (notamment envers McGraw et Coppola). Et même si cette figure légendaire admet quelques fautes de façon ambiguë - est-ce qu'il était stupide d'avoir pris de la drogue ou de se faire prendre dans le piège de la police ? - elle ne déroge pratiquement jamais du discours hagiographique.
Pour nous, un bon documentaire est celui qui sait poser les bonnes questions, qui s'efforce de mettre le doigt là où il fait mal ou bien là où se cachent des trésors. Celui-ci ne s'interroge sur rien et se complait de dresser un portrait flatteur de son objet, de surcroît dessiné par l'intéressé lui-même. Si sa valeur de documentaire est ainsi quasiment nulle, il se laisse toutefois déguster comme récit subjectif et sordide d'une des périodes les plus intéressantes du cinéma américain.
Le problème capital de cette longue séance d'encensement de la carrière d'une des figures de proue du Hollywood des années 1970 est son absence totale d'objectivité. Le genre documentaire dispose évidemment d'un capital impartial mythique, mais à la base, toute démarche dans ce sens se doit de jeter un coup d'oeil critique et engagé, d'une façon ou d'une autre, sur le sujet qu'elle a choisi. Mais dans ce cas-ci, nous assistons à une longue suite d'auto-confessions de la part de Robert Evans, d'ailleurs enregistrées antérieurement pour des raisons différentes, sur fond de photos et d'articles d'époque, d'entretiens de télé, d'extraits de films et de prises de la demeure luxueuse du dernier nabab. Cette façon de procéder très consensuelle et répétitive à la longue est d'ailleurs encore aggravée par le refus de laisser la parole à un intervenant autre qu'Evans. Notre espoir de voir une mise en abîme astucieuse de la vie du producteur dans le style de ses remarques préliminaires est alors amèrement déçu.
Vous entendrez donc le vieil Evans, revenu de tout, raconter sa vie de son unique point de vue personnel. Cela implique une dose considérable d'auto-suffisance et d'arrogance, avec quelques rares coups bas de règlement de compte (notamment envers McGraw et Coppola). Et même si cette figure légendaire admet quelques fautes de façon ambiguë - est-ce qu'il était stupide d'avoir pris de la drogue ou de se faire prendre dans le piège de la police ? - elle ne déroge pratiquement jamais du discours hagiographique.
Pour nous, un bon documentaire est celui qui sait poser les bonnes questions, qui s'efforce de mettre le doigt là où il fait mal ou bien là où se cachent des trésors. Celui-ci ne s'interroge sur rien et se complait de dresser un portrait flatteur de son objet, de surcroît dessiné par l'intéressé lui-même. Si sa valeur de documentaire est ainsi quasiment nulle, il se laisse toutefois déguster comme récit subjectif et sordide d'une des périodes les plus intéressantes du cinéma américain.
Vu le 18 juillet 2005, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 21, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10