Cabale à Kaboul
Réalisé par Dan Alexe (2007)
Documentaire
| Durée | 90 minutes |
| Sortie | 17/10/2007 |
| Note | 6/10 |
Isaac Levy et Zabulon Simantov sont les deux derniers Juifs de Kaboul, la capitale de l'Afghanistan. Le vieux Isaac vit de la vente d'amulettes, alors que Zabulon distille de l'alcool. Ils habitent tous les deux dans l'ancienne synagogue. Cette diaspora extrême devrait rapprocher les deux hommes, mais au contraire, ils se détestent.
La critique
Par Tootpadu 19/09/2007
L'Afghanistan s'invite dans nos foyers avec une régularité quasiment quotidienne. Les prises d'otages, les attentats, l'engagement des forces armées européennes ou la traque sans fin de Ben Laden, sont autant de sujets couverts en long et en large par les journaux télévisés. Le sujet de ce documentaire franco-belge aborde cependant un aspect du quotidien afghan rarement vu sur nos petits écrans. Mais c'est justement cette dimension confidentielle qui élève le propos de Cabale à Kaboul à un niveau universel.
Le microcosme de l'isolement et de l'exclusion au sein duquel Isaac et Zabulon évoluent ne fonctionne en effet pas comme le moteur implacable d'une solidarité forcée. Au contraire, cette minorité juive minuscule s'entredéchire, au point de subir des coups plus durs de l'intérieur que de la population extérieure. Il ne devient jamais tout à fait clair ce qui a causé cette querelle enfantine, mais ses manifestations, telles qu'elles sont filmées par la caméra plutôt neutre de Dan Alexe, rappellent deux vérités hélas éternelles.
D'abord, que la vérité dépend entièrement d'un point de vue subjectif. Isaac accuse Zabulon de nombreuses atrocités, et inversement, mais faute d'instance régulatrice dans ce huis clos de l'aigreur, on ne saura jamais trop qui croire et quel camp choisir. L'objectivité relative du réalisateur, qui cherche à être l'ami de tout le monde, même du fils désagréable d'Isaac, accentue encore cette incertitude quant à l'origine réelle de leur différent, qui ne paraît exister que pour sa propre satisfaction.
Et puis, le fait d'appartenir à la même religion ne garantit en rien une cohabitation paisible. Cela se voit lors des guerres entre différents courants d'une même confession. Et cette animosité entre des frères dans la foi se confirme dans ce contexte particulier, qui est pourtant né des origines juives des deux hommes.
Le microcosme de l'isolement et de l'exclusion au sein duquel Isaac et Zabulon évoluent ne fonctionne en effet pas comme le moteur implacable d'une solidarité forcée. Au contraire, cette minorité juive minuscule s'entredéchire, au point de subir des coups plus durs de l'intérieur que de la population extérieure. Il ne devient jamais tout à fait clair ce qui a causé cette querelle enfantine, mais ses manifestations, telles qu'elles sont filmées par la caméra plutôt neutre de Dan Alexe, rappellent deux vérités hélas éternelles.
D'abord, que la vérité dépend entièrement d'un point de vue subjectif. Isaac accuse Zabulon de nombreuses atrocités, et inversement, mais faute d'instance régulatrice dans ce huis clos de l'aigreur, on ne saura jamais trop qui croire et quel camp choisir. L'objectivité relative du réalisateur, qui cherche à être l'ami de tout le monde, même du fils désagréable d'Isaac, accentue encore cette incertitude quant à l'origine réelle de leur différent, qui ne paraît exister que pour sa propre satisfaction.
Et puis, le fait d'appartenir à la même religion ne garantit en rien une cohabitation paisible. Cela se voit lors des guerres entre différents courants d'une même confession. Et cette animosité entre des frères dans la foi se confirme dans ce contexte particulier, qui est pourtant né des origines juives des deux hommes.
Vu le 11 septembre 2007, au Club Marbeuf, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10