Deauville 2026 : treize films qui redéfinissent le rêve américain
Jeudi 13 Août, 23h23
Deauville 2026 dévoile une sélection ambitieuse de 13 films en compétition
Le Festival du film américain de Deauville a dévoilé les 13 longs métrages en compétition pour sa 52e édition, qui se tiendra du 4 au 13 septembre 2026. Annoncée le 12 août, cette sélection rassemble des cinéastes émergents, des acteurs qui passent derrière la caméra et des productions indépendantes traversant les époques, les régions et les genres. La directrice du festival, Aude Hesbert, présente un programme oscillant entre l'amour et la mort, la cruauté et la tendresse, allant de l'animation et des drames d'époque aux accents western à la comédie et au cinéma de formation. Six films sont présentés en avant-première française et cinq constituent des premiers films, conférant à la compétition un esprit de découverte marqué.

Drames d'époque, élégies jazz et vies bouleversées par le deuil
Écrit et réalisé par Dara Van Dusen, A Prayer for the Dying est une adaptation du roman de Stewart O’Nan qui nous transporte à Friendship, dans le Wisconsin, en 1870. Johnny Flynn et John C. Reilly sont à l’affiche de ce drame mettant en scène un vétéran de la Guerre de Sécession confronté à une menace mortelle pesant sur la colonie qui lui a offert une seconde chance. Sa première française marque l’arrivée d’un premier long métrage axé sur les choix moraux, la peur collective et les séquelles douloureuses de la guerre.
Un autre premier film, Everybody Digs Bill Evans, est réalisé par Grant Gee et écrit par Mark O’Halloran, d’après la pièce Intermission d’Owen Martell. Avec Anders Danielsen Lie, Bill Pullman et Laurie Metcalf en tête d’affiche, le film aborde la crise qui a suivi la mort du bassiste Scott LaFaro, lorsque le pianiste Bill Evans s’est replié sur lui-même, submergé par le chagrin. La musique devient à la fois un refuge et la forme audible de l’absence.
Dans I’ll Be Gone in June, la scénariste et réalisatrice Katharina Rivilis suit Franny, une lycéenne allemande de 16 ans en échange scolaire, incarnée par Naomi Cosma, à Las Cruces en 2001. Sa relation fragile avec Elliott, interprété par Logan Sage, se construit sur fond de nostalgie, de chaleur du désert et du choc du 11 septembre, transformant une rupture historique en une histoire intime entre deux adolescents qui se reconnaissent dans la même solitude.

New York à la nuit tombée et les familles sous pression
Jordan Firstman fait ses débuts en tant que réalisateur de long métrage avec Club Kid, dans lequel il incarne un promoteur new-yorkais dont la vie chaotique est bouleversée par l'arrivée d'un fils de 10 ans dont il ignorait l'existence. Avec Cara Delevingne et Diego Calva, le scénario place la parentalité au cœur d’un univers nocturne instable, transformant cette comédie sur le choc des cultures en une épreuve de responsabilité et de réinvention.
New York se dévoile sous un autre jour dans Here I’m Alive, réalisé par Joshua Z. Weinstein et coécrit avec Brian Perkins. En l’espace d’une nuit, des migrants, des travailleurs du sexe, des « rêveurs » et des survivants évoluent dans les bas-fonds numériques de la ville à la recherche de contacts. Ce film de 76 minutes promet une rencontre immersive avec des personnes reléguées aux marges de la métropole.
Les liens familiaux sont au cœur du film If I Go Will They Miss Me, écrit et réalisé par Walter Thompson-Hernández. Bodhi Dell incarne Lil Ant, un garçon de 12 ans dont les visions de garçons fantomatiques révèlent un lien plus profond avec son père distant, joué par J. Alphonse Nicholson. Avec Danielle Brooks, le film fait le lien entre le surnaturel, l’héritage, la mémoire du quartier et tout ce que les pères et les fils laissent non dit.

L'animation, l'adolescence et la charge des soins
Réalisé par Leah Nelson, le long métrage d’animation Méli-Mélo est une adaptation de l’autobiographie illustrée de Sarah Leavitt. Julia Louis-Dreyfus prête sa voix à Sarah, une artiste qui revient de San Francisco dans les années 1990 alors que sa mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer ; Abbi Jacobson, Bryan Cranston, Seth Rogen et Wanda Sykes font également partie de la distribution des voix. L’animation offre une approche originale de la mémoire, de la prise en charge d’un proche et de l’incapacité d’une famille à se préparer à un changement irréversible.
L’adolescence est abordée à travers la rupture d’une amitié dans Mouse, réalisé par Kelly O’Sullivan et Alex Thompson d’après un scénario de Kelly O’Sullivan. Se déroulant en 2002, le film suit Minnie et Callie jusqu’à leur dernière année de lycée, jusqu’à ce que la relation qui définit l’identité de Minnie se brise brusquement. Sophie Okonedo, Katherine Mallen Kupferer, Chloe Coleman, Iman Vellani et David Hyde Pierce sont au cœur d’une histoire qui traite de la liberté effrayante que représente le fait de sortir de l’ombre d’une autre personne pour se révéler au grand jour.
Les soins deviennent un dilemme éthique dans Queen at Sea, écrit, réalisé et monté par Lance Hammer. Juliette Binoche incarne Amanda, qui revient à Londres alors que la démence prive peu à peu sa mère de son autonomie. Aux côtés de Tom Courtenay et d’Anna Calder-Marshall, elle est confrontée à des questions sur l’amour, le consentement, le devoir et les limites de ce qu’une personne peut décider pour une autre.

La masculinité, les secrets et l'attrait de l'évasion
Écrit par Brock Yurich et réalisé par Sam McConnell, qui signe ici son premier long métrage, Test met en scène un culturiste originaire d’une petite ville qui aspire à devenir professionnel sous l’œil vigilant de sa mère très croyante. Après une défaite, un mentor lui fait découvrir les substances dopantes et éveille en lui un désir qui entre en conflit avec son éducation. Avec Tammy Blanchard et Matthew Morrison, le film traite le corps comme une ambition, une armure et un champ de bataille.
Dans Party USA, le scénariste et réalisateur Jared Sprouse enferme le chagrin dans un magasin d’articles de fête. Après la mort de son père, Taylor ne trouve personne pour la remplacer pendant son service, et une journée ordinaire commence à faire remonter à la surface la culpabilité et des secrets enfouis. Avec Ainsley Seiger, Philip Andre Botello, Jordan Gray Burgess et Angie Campbell, ce film de 89 minutes transforme l'absurdité du monde du travail en une confrontation avec le deuil.
Écrit et réalisé par Casey Affleck, Company réunit Nick Nolte, Ben Mendelsohn, Adelaide Clemens et Scoot McNairy. Un voyageur mystérieux raconte une histoire intergénérationnelle qui relie trois personnes meurtries, confrontées au choix entre vengeance et pardon. Le récit devient le pont entre le deuil et la grâce dans l’une des premières françaises de la sélection officielle.
Enfin, The Liberation of Rita Cooper, réalisé par Guy Nattiv, suit le parcours d’une femme dans le New Jersey des années 1980 qui abandonne sa famille pour rejoindre une communauté exclusivement féminine dirigée par la charismatique Ricki. Carrie Coon, Lily James, Bella Ramsey et Odessa Young sont à l'affiche de ce drame où il peut s'avérer périlleusement difficile de faire la part des choses entre libération spirituelle et manipulation.

Un concours de découverte
Ces 13 films dressent le portrait d’un cinéma indépendant américain en pleine mutation. Des premiers films côtoient ceux de cinéastes confirmés, tandis que des enfants hantés, des musiciens en deuil, des amitiés brisées et des parents vulnérables évoquent un rêve américain sans cesse perdu, remis en question et reconstruit.
52e Festival du cinéma américain de Deauville — Compétition officielle
Où : Deauville, Normandy, France — Centre International de Deauville, Cinéma du Casino and Cinéma Morny
Quand : du 4 au 13 septembre 2026
Quoi : Treize longs métrages indépendants s'affrontent dans les catégories drame, animation, comédie, cinéma de passage à l'âge adulte et films d'époque, avec des premiers films et des avant-premières françaises au cœur de la programmation.