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Deces - Robert Boyle

  • 3.08.2010

    Le chef décorateur Robert Boyle est décédé avant-hier à Los Angeles. Il était âgé de 100 ans. Le doyen des professionnels du cinéma oscarisés, grâce à l'Oscar d'honneur qu'il avait reçu des mains de Nicole Kidman en 2008, Robert Boyle était l'un des plus importants chef décorateurs du cinéma américain du siècle passé. Il avait notamment collaboré à de nombreuses reprises avec des réalisateurs comme Norman Jewison et Alfred Hitchcock.

    C'est justement grâce au maître du suspense que Robert Boyle avait débuté en tant qu'assistant décorateur sur La Cinquième colonne. Il occupait ce même poste au cours des années 1940 pour des films comme Le Loup-garou de George Waggner, L'Agent invisible contre la Gestapo de Edwin L. Marin, et L'Ombre d'un doute de Alfred Hitchcock. Parallèlement, il était responsable des décors pour une vingtaine de films de genre pendant la même décennie, principalement chez Universal pour Deux nigauds détectives de Erle C. Kenton, La Sauvagesse blanche de Arthur Lubin, Corvette K-225 de Richard Rosson, Obsessions de Julien Duvivier, Et tournent les chevaux de bois de Robert Montgomery, Le Droit de tuer de Michael Gordon, et La Belle aventurière de Frederick De Cordova, et parfois chez RKO pour Ils ne voudront pas me croire de Irving Pichel, par exemple.

    Robert Boyle devait attendre la fin des années 1950 et ses retrouvailles avec Hitchcock pour La Mort aux trousses avant de pouvoir se défaire des autres films de genre pour lesquels il créait les décors, au service de Universal. Pendant les années 1950, il a ainsi travaillé sur La Fille des boucaniers et Les Boucaniers de la Jamaïque de Frederick De Cordova, Louisa de Alexander Hall, Le Sous-marin mystérieux, The Lady pays off, et Week-end with father de Douglas Sirk, Le Signe des renégats de Hugo Fregonese, Iron man et Intrigue au Congo de Joseph Pevney, Bronco Buster et A l'est de Sumatra de Budd Boetticher, Deux nigauds en Alaska de Jean Yarbrough, Filles dans la nuit et Le Météore de la nuit de Jack Arnold, Le Tueur du Montana de Nathan Juran, Deux nigauds chez Vénus de Charles Lamont, Les Bolides de l'enfer et Le Grand chef de George Sherman, La Guerre privée du major Benson et Ne dites jamais adieu de Jerry Hopper, et El Tigre de Joseph Newman. Robert Boyle avait changé de studio au milieu des années 1950, pour travailler désormais pour la Columbia sur Le Bal des cinglés de Richard Quine, Les Frères Rico de Phil Karlson, L'Aventurier du Texas de Budd Boetticher, et The Crimson Kimono de Samuel Fuller.

    Dans le sillage de sa première nomination aux Oscars, pour La Mort aux trousses, Robert Boyle a pu travailler sur des films plus prestigieux à partir des années 1960, d'abord en retrouvant Alfred Hitchcock sur Les Oiseaux et Pas de printemps pour Marnie, et puis en débutant une longue collaboration avec Norman Jewison, à partir du Piment de la vie, en passant par Les Russes arrivent, L'Affaire Thomas Crown, et Gaily, Gaily (deuxième nomination aux Oscars), jusqu'à Un violon sur le toit (troisième nomination aux Oscars).

    Robert Boyle avait également été responsable des décors sur des films aussi divers que Les Nerfs à vif de J. Lee Thompson, La Récompense de Serge Bourguignon, Comment réussir dans les affaires sans vraiment essayer de David Swift, De sang froid et La Chevauchée sauvage de Richard Brooks, Un si gentil petit gang de Delbert Mann, Le Propriétaire et Looking to get out de Hal Ashby, Mame de Gene Saks, W.C. Fields et moi de Arthur Hiller, Leadbelly de Gordon Parks, Le Dernier des géants de Don Siegel (quatrième nomination aux Oscars), La Bidasse de Howard Zieff, La Cage aux poules de Colin Higgins, Staying alive de Sylvester Stallone, Explorers de Joe Dante, Jumpin' Jack Flash de Penny Marshall, Dragnet de Tom Mankiewicz, et comme conclusion plus que curieuse Le Pas suspendu de la cigogne de Theo Angelopoulos en 1991.