Evil Dead Burn : double séance d'Halloween au Disney Village
Evil Dead Burn : Sébastien Vaniček fête Halloween au Gaumont Disney Village
Hier, 2h00 Chessy, Gaumont Disney Village, Esplanade François-Truffaut, Screen 15 30/10/2026
Le vendredi 30 octobre 2026, le Gaumont Disney Village de Chessy a mis à l’honneur, à l’occasion de ses festivités d’Halloween, l’une des carrières les plus marquantes du cinéma d’horreur français contemporain. Dans la salle 15, les spectateurs ont pu découvrir deux longs métrages réalisés par Sébastien Vaniček : son film révélateur Vermines (Infested à l’international) et son opus issu de la franchise hollywoodienne Evil Dead Burn. Les projections prévues ont débuté respectivement à 19 h 30 et 22 h, offrant ainsi une occasion rare de découvrir les deux films à la suite sur grand écran.
La soirée a dépassé le cadre d’un simple programme double classique. Comme en témoignent les photographies et le compte-rendu de Mulderville, Sébastien Vaniček est apparu sur scène aux côtés d’un autre participant, répondant aux questions de l’animateur et du public après chaque projection. Les photographies capturent les microphones, les gestes, les échanges et l’atmosphère détendue qui régnait devant l’écran de cinéma. Le deuxième participant n’est pas identifié ici, car les photos fournies ne permettent pas d’établir son nom. Pour les cinéphiles, l’intérêt résidait dans la possibilité de suivre l’évolution d’un cinéaste à travers deux échelles de production très différentes au cours d’une même soirée.

De Vermines à la franchise Evil Dead
Sorti en France en décembre 2023, Vermines met en scène une invasion d’araignées qui ne cesse de s’aggraver au sein d’un immeuble résidentiel. Sa force réside dans la manière dont il traite un scénario farfelu à travers les réactions crédibles de personnes piégées ensemble sous la pression. Le film a fait le tour du monde, notamment au Festival de Venise, et a été présenté au public anglophone sous le titre Infested. Son mélange de tension physique, d’espaces confinés et d’observation sociale a attiré l’attention de producteurs américains, ouvrant ainsi une voie inattendue qui a permis à ce premier film français de devenir une franchise d’horreur majeure.
D’après le dossier de presse officiel d’Evil Dead Burn, Sébastien Vaniček s’était initialement montré réticent face aux propositions de réaliser des scénarios déjà écrits par d’autres. Ses discussions avec New Line Cinema et Ghost House Pictures ont pris une autre tournure : les producteurs l’ont invité à proposer sa propre vision d’Evil Dead, sans exiger qu’il s’agisse d’une suite ou d’une préquelle directe. Il s’est immédiatement tourné vers Florent Bernard, son co-scénariste sur Vermines. Ensemble, ils ont élaboré un traitement qui a transformé la lutte familière contre la possession démoniaque en une histoire tragique sur l’amour, le deuil et la difficulté de rompre des liens destructeurs.

Evil Dead Burn : Une réunion de famille tout droit sortie de l'enfer
Au cœur d’Evil Dead Burn se trouve Alice, incarnée par Souheila Yacoub. Après les funérailles de son mari, elle se rend dans la maison isolée de la famille de celui-ci pour un dernier repas commémoratif. La réunion tourne au cauchemar lorsque les proches se transforment en Deadites, transformant le deuil en une lutte désespérée pour la survie. Pourtant, la question centrale du film ne se résume pas à savoir qui s'en sortira : il s'agit de comprendre ce que signifient les vœux de mariage, la loyauté et la dépendance affective lorsque l'amour lui-même est devenu une menace. Le résultat est un chapitre à part entière de la série lancée par Sam Raimi en 1981.
La distribution secondaire comprend Tandi Wright dans le rôle de Susan, Hunter Doohan dans celui de Joseph, Luciane Buchanan dans celui de Thya, Erroll Shand dans celui d’Edgar et Maude Davey dans celui de Polly. Produit par Rob Tapert et Sam Raimi, le film est sorti en France chez Metropolitan Filmexport le 8 juillet 2026, puis en salles aux États-Unis le 10 juillet. Les documents de presse officiels français indiquent une durée d'environ 110 minutes. Sa programmation dans le cadre du festival d'Halloween a permis au public de redécouvrir le film quelques mois seulement après sa sortie initiale.

Pourquoi l'amour et la violence conjugale façonnent l'horreur
Dans l’interview officielle consacrée à la production du film, Sébastien Vaniček explique que Florent Bernard et lui ont réexaminé la franchise avant de conclure que son cœur émotionnel pouvait être une histoire d’amour tragique. L'image du feu s'est naturellement imposée à partir de cette idée : la passion peut entretenir une relation, mais elle peut aussi la consumer. Leur interprétation place la relation d'Alice avec son défunt mari et sa belle-mère au cœur du conflit surnaturel, plutôt que d'utiliser le drame familial comme un simple prétexte à des meurtres spectaculaires.
Le réalisateur décrit également une approche prudente de la violence faite aux femmes. Il souhaitait que les blessures et les réactions d’Alice paraissent crédibles, résistant à la tentation de réduire le personnage à une héroïne d’horreur triomphante et invulnérable. Souheila Yacoub explique quant à elle dans le dossier de presse qu’elle recherchait une femme complexe, capable d’éprouver de la peur, de la confusion et d’avoir des défauts. Cette insistance sur le réalisme émotionnel constitue un lien important entre Vermines et Evil Dead Burn : ces deux films placent la vulnérabilité humaine ordinaire au cœur d’un spectacle de genre extraordinaire.

Souheila Yacoub et les exigences physiques du tournage
La collaboration avec Souheila Yacoub a débuté bien avant Evil Dead Burn. C’est le producteur Harry Tordjman qui a présenté la réalisatrice à l’actrice après une représentation de la pièce Tous des oiseaux de Wajdi Mouawad. Elle avait été pressentie pour Vermines, mais d’autres engagements avaient empêché cette première collaboration. C’est finalement ce nouveau film qui les a réunis, le cinéaste ayant été particulièrement séduit par sa capacité à communiquer par le mouvement et le jeu physique.
Le tournage en Nouvelle-Zélande s'est avéré particulièrement exigeant. Dans l’interview officielle, Souheila Yacoub se souvient qu’une séquence complexe en plan séquence a nécessité environ huit à douze prises, avec une synchronisation précise entre ses mouvements, la caméra, les accessoires et les cascadeurs. Sa formation en gymnastique l’a aidée à aborder la scène comme une chorégraphie. Elle décrit également l’épuisement lié au fait de devoir maintenir l’intensité émotionnelle d’une nuit fictive pendant des mois de tournage, ainsi que l’isolement lié au fait de travailler loin de chez elle pendant l’hiver néo-zélandais.

Objets du quotidien, références cachées et identité française
L'inventivité du réalisateur s'étend aux armes et aux références visuelles du film. Plutôt que de se contenter de reproduire la tronçonneuse emblématique de la franchise, Sébastien Vaniček et Florent Bernard ont exploré une jardinerie à la recherche d'outils susceptibles de semer le chaos. Un lave-vaisselle ouvert est également devenu une source d’inspiration. Ces objets du quotidien renforcent l’idée troublante selon laquelle un environnement domestique familier peut soudainement devenir hostile, tout en préservant l’esprit physique et espiègle associé à la série.
Le dossier de presse révèle également des clins d’œil discrets aux origines du réalisateur : une bouteille de vin portant la mention 93, une cassette vidéo faisant référence à Vermines, une allusion aux arachnides et des baskets Nike TN. La musique renforce cette identité française, notamment grâce à une contribution originale au générique de fin avec le rappeur Chilla. La bande originale est signée Double Danger, le duo composé de Douglas Cavanna et Xavier Caux. Pour un cinéaste travaillant au sein d’une franchise américaine, ces détails soulignent sa détermination à conserver les références culturelles et la personnalité créative qui ont façonné son premier long métrage.

Écrire un nouveau chapitre d'une série d'horreur culte
L'équipe technique du film comprend le directeur de la photographie Philip Lozano, le monteur Maxime Caro, le chef décorateur Nick Connor et la costumière Sarah Voon. Dans l'interview officielle, Sébastien Vaniček évoque l'importance du montage rapide, du son et des mouvements de caméra pour permettre au public de ressentir la violence de manière presque physique. Il rend également hommage au monteur Nassim Gordji Tehrani, dont il souligne qu’il a apporté un regard essentiel sur les personnages et les thèmes. Ces choix contribuent à expliquer pourquoi le film recherche une intensité sensorielle tout en ancrant ses idées les plus dérangeantes dans les relations familiales.
Les critiques sont partagées, ce qui rappelle que le goût de la franchise pour les images extrêmes continue de diviser. Les critiques ont salué l’ambition du film et ses scènes brutales, tout en se demandant si sa violence implacable sert toujours ses thèmes. Quelles que soient les réactions individuelles, Evil Dead Burn représente un bond créatif significatif : un cinéaste qui a débuté avec un cauchemar urbain typiquement français s’est vu confier un univers associé à Sam Raimi, Bruce Campbell et à des générations de fans d’horreur.

Une soirée d'Halloween inoubliable au Gaumont Disney Village
Ce qui a rendu l’événement du 30 octobre si particulier, c’est justement ce programme. Le fait de voir Vermines juste avant Evil Dead Burn a mis en évidence les filons récurrents dans l’œuvre de Sébastien Vaniček : des environnements confinés, une mise en scène dynamique, des gens ordinaires confrontés à des situations impossibles et une horreur qui naît de tensions typiquement humaines. Les échanges qui ont suivi la projection, immortalisés par les photos de Mulderville, ont créé un lien direct entre le public et le processus de création cinématographique, sans qu’il soit nécessaire de se rendre à un festival ou à un événement professionnel spécifique.
Pour le Gaumont Disney Village, cette soirée a mis en évidence l’attrait d’une programmation de répertoire dirigée par un réalisateur à l’occasion d’Halloween. En associant deux films à des discussions sur scène, le cinéma a transformé cette fête saisonnière en une petite rétrospective d’une carrière en pleine évolution. C’est précisément le genre d’événement qui comble les passionnés d’horreur qui souhaitent non seulement regarder des films effrayants, mais aussi comprendre les choix artistiques qui les sous-tendent.
Vous pouvez découvrir nos photos sur notre page Flickr

Compte rendu de l'événement
Titre : Double séance d'Halloween — Vermines (Infested) et Evil Dead Burn
Où : Chessy, Gaumont Disney Village, Esplanade François-Truffaut, salle 15
Date : vendredi 30 octobre 2026 ; Vermines à 19 h 30 et Evil Dead Burn à 22 h.
Quoi : Deux projections de films d'horreur suivies de débats avec le public en présence du réalisateur Sébastien Vaniček, l'événement ayant été immortalisé par le reportage photographique de Mulderville.
Rappel concernant la sortie du film : Evil Dead Burn est sorti en France le 8 juillet 2026 et aux États-Unis le 10 juillet 2026.
Synopsis :
Après les funérailles de son mari, Alice se rend dans la maison isolée de ses beaux-parents pour partager un dernier repas en sa mémoire. Mais cette réunion de famille tourne au cauchemar lorsque ses proches, l’un après l’autre, se transforment en créatures démoniaques. Confrontée à cette épreuve infernale, Alice découvre que les vœux qu’elle a prononcés autrefois continuent de la lier à son mari… bien au-delà de la mort.
Evil Dead Burn
Réalisé par Sébastien Vaniček
Écrit par Sébastien Vaniček et Florent Bernard
D'après The Evil Dead de Sam Raimi
Produit par Rob Tapert et Sam Raimi
Avec Souheila Yacoub, Tandi Wright, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, Erroll Shand et Maude Davey
Directeur de la photographie : Philip Lozano
Montage : Maxime Caro
Musique de Double Danger
Sociétés de production : New Line Cinema, Screen Gems, Ghost House Pictures
Distribué par Warner Bros. Pictures (États-Unis), Metropolitan FilmExport (France)
Date de sortie : 8 juillet 2026 (France), 10 juillet 2026 (États-Unis)
Durée : 109 minutes
Photos et vidéo 4K : Boris Colletier / Mulderville