En bonne compagnie
Réalisé par Paul Weitz (2005)
| Durée | 109 minutes |
| Sortie | 11/05/2005 |
| Note | 5/10 |
A 51 ans, la vie réserve encore bien des surprises, et Dan Foreman va en faire l'expérience. Sa femme est enceinte et sa fille aînée, Alex, prend une chambre en ville, mais le pire reste à venir...
Directeur des ventes publicitaires pour le magazine Sports America, Dan se retrouve avec un nouveau patron, Carter Duryea, qui a la moitié de son âge. Entre les deux hommes, le courant ne passe pas. Dan n'accepte pas qu'un novice puisse lui expliquer quoi faire dans une équipe qu'il mène depuis des années, et Carter se méfie des dinosaures. Les deux hommes doivent pourtant collaborer étroitement et sont obligés de se fréquenter. Le coup de foudre d'Alex et de Carter va encore compliquer les choses...
(Source Allociné)
La critique
Par Tootpadu 27/05/2005
Initiateurs de la comédie crade pour ados avec leur premier film, American Pie, les deux scénaristes ont su se diversifier par la suite grâce à Pour un garçon, une comédie jubilatoire qui mélange avec finesse l'hilarant et la tristesse. Pour leur retour aux Etats-Unis, il s'essaient au même mélange de ton, malheureusement avec un résultat plus ambigu. L'association d'une histoire d'amour classique et des dures réalités du monde du travail actuel s'avère en effet comme hasardeuse, jamais tout à fait à la hauteur pour rendre compte avec justesse de ces deux univers opposés. L'eau de rose se mélange en fait mal avec la bile générée par le champ de bataille social et économique que représente de nos jours l'environnement professionnel. En dépit d'une volonté à ramener la recherche du profit à un niveau plus humain, et d'une liaison sentimentale pas exclusivement basée sur le sexe, le film dans son ensemble manque de pouvoir de conviction pour conjuguer avec succès l'un avec l'autre. Le fait que la séquence la plus amusante est justement celle qui revient à l'humour méchant des premiers films des Weitz - une situation sportive qui implique des souffrances physiques - ne surprend alors plus tant que ça.
Dennis Quaid propose encore l'interprétation la plus convaincante du film. Solide et loin de se laisser abattre à la cinquantaine bien entamée, il forme le centre calme du film autour duquel se déchaînent les orages du coeur et de la bourse. Toutefois, la passivité relative et la maladresse gentillette de son personnage ne lui permettent pas d'explorer cet Américain de base très fiable jusqu'à ses derniers retranchements. Mais il accomplit bien plus avec son rôle que ses partenaires juvéniles. Alors que Scarlett Johansson est fortement gênée par un maquillage atroce, Topher Grace réussit tant bien que mal de nous faire modérer notre antipathie viscérale pour cet acteur agaçant. Il n'est certes pas aussi énervant que dans Rendez-vous avec une star, mais il lui reste encore un long chemin à parcourir avant de percer avec un minimum d'authenticité.
Signalons enfin un montage qui privilégie un peu trop les effets de transition voyants et qui n'est point à l'abri de quelques raccords maladroits.
Vu le 26 mai 2005, à l'UGC Ciné Cité Les Halles, Salle 13, en VO