Beaux gosses (Les)

Réalisé par Riad Sattouf (2009)

Comédie
Beaux gosses (Les)
Durée 88 minutes
Sortie 10/06/2009
Note 6/10

A 14 ans, Hervé et son meilleur pote Camel ne pensent qu'à une chose : les filles. Mais leur physique ingrat et leurs méthodes de séduction maladroites les laissent prisonniers de leurs fantasmes pubères. Jusqu'au jour où Aurore montre de l'intérêt pour Hervé, qui ne sait du coup pas du tout comment s'y prendre. Les conseils de sa mère dépressive, la pression de ses amis et le bouche-à-oreille au collège, qui déforme tout, ne sont pas prêts à lui faciliter la tâche périlleuse du premier rapport sexuel.

Les critiques

Par Mulder 20/07/2009

Les producteurs de ce film ont surement dû trop regarder la saga désastreuse des American pie (un excellent film suivi de six films de plus en plus mauvais) pour vouloir en signer une adaptation libre si lamentable. Ce film, que beaucoup ont vu comme une comédie réaliste de la vie dans nos banlieux, est à mes yeux une comédie sans pratiquement aucun effet réussi. Rarement dans une comédie française je ne fus autant consterné par un tel degré de bêtises ahurissantes. Ce film est en quelque sorte un pur produit, pour plaire à tous les jeunes spectateurs en leur livrant une comédie ras de plafond.

A lire la plupart des critiques, ce film serait une réelle réussite ... Il faut croire que beaucoup n'ont pas dû voir récemment d'excellentes comédies américaines, comme Very Bad Trip ou Tonnerre sous les tropiques. A mes yeux, ce film est un honnête téléfilm, qui se regarde avec une certaine indifférence, mais qui ne restera pas longtemps dans nos mémoires comme la comédie française de l'année. A ce titre, je ne saurai vous conseiller de voir d'urgence Whatever works de Woody Allen, qui est une comédie profonde avec de très bons jeux de mots et qui montre que nous pouvons faire des comédies sur des sujets classiques. Il suffit d'avoir un excellent scénario et un prodige derrière la caméra ...

Vu le 13 juin 2009, au Gaumont Disney Village, Salle 1

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Tootpadu 24/04/2009

Les soucis de coeur et de libido des adolescents sont un sujet courant au cinéma. Les Américains en ont même fait un sous-genre à part entière, dont les aspirations ne visent pas plus haut que le niveau intellectuel des jeunes spectateurs de ces comédies souvent débiles. Les Français ne sont pas en reste, même si pour chaque Péril jeune il y a au moins une médiocrité comme Nos 18 ans ou Sexy Boys. Globalement, le traitement des problèmes d'ado sous un jour comique réussit plus à notre cinéma national que les drames déprimants, qui infligent une gravité excessive à un âge, où il faudrait au contraire tout relativiser.
Le premier film du dessinateur Riad Sattouf porte un regard hautement décomplexé sur les doutes existentiels de ses personnages. Rien n'y est sacré et surtout pas les premiers ébats sexuels, dont les imperfections sont autant cachées par la tchatche que par la poursuite instantanée d'un nouveau gibier féminin. Un vent réel de fraîcheur souffle à travers ce film très amusant, qui traite de l'éveil de la libido sans en faire un drame, ni une comédie écervelée. Les revers incessants que Hervé doit essuyer dans sa quête de l'amour, tout comme les brimades régulières que les élèves plus âgés et socialement plus intégrés lui font subir, participent ainsi principalement à rendre le quotidien du jeune héros plus crédible et réaliste. Car au fond, Hervé n'a pas grand-chose pour séduire le spectateur ou les belles filles. Mais c'est justement son aspect un peu crade et sa position sociale en marge de la communauté scolaire qui permettent à ses aventures d'être aussi hilarantes. En cela, il nous rappelle un peu le garçon de la pub pour la Poste d'il y a quelques années, dont le rôle emblématique et par conséquent magnifié rendait son comportement doucement caricatural.
Toutefois, Riad Sattouf sait qu'il est inutile de forcer le trait, lorsqu'il s'agit d'évoquer l'univers d'un adolescent, dont les repères s'engagent chaque jour dans un éternel mouvement. Rien que le décalage entre le point de vue passablement narcissique des jeunes héros et les dures réalités de la vie sert de source jubilatoire à quelques séquences savoureuses. L'insouciance factice de Hervé et de ses copains ne cache point le fait que le début de l'adolescence n'est que le premier cap à passer pour s'assumer en tant qu'adulte. Difficile à dire, à partir d'un mélange d'événements aussi loufoques que ceux qui forment la trame des Beaux gosses, si cette jeunesse sera capable d'affronter le monde tel qu'il est et d'en façonner un qui leur ressemble.
En tout cas, le traitement lucide et enjoué que Riad Sattouf applique à la haute saison des boutons, des coups de foudre passagers et des éjaculations précoces, nous réconcilierait presque avec cette période forcément problématique dans la vie de chacun. Grâce à son humour désarmant et gentiment ironique, le jeune réalisateur a réussi haut la main son coup d'essai cinématographique !

Vu le 23 avril 2009, à la Salle Pathé Lamennais

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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