Otage

Réalisé par Florent Emilio Siri (2005)

Thriller
Otage
Durée 113 minutes
Sortie 27/04/2005
Note 4/10

Parce qu'il a été incapable d'empêcher le meurtre d'une jeune femme et de son enfant, Jeff Talley, ex-policier de Los Angeles spécialiste des négociations en cas d'enlèvement, a tout quitté pour devenir chef du bureau de police d'une ville reculée. Il ne pouvait pas prévoir que trois petits malfrats allaient prendre en otage la famille d'un expert comptable bien moins banal qu'il n'y paraît... Conscients des enjeux, les mystérieux commanditaires de ce comptable de plus en plus louches kidnappent la femme et la fille de Talley pour le contraindre à réendosser le rôle qu'il ne voulait surtout plus jamais jouer. Face au cauchemar qui recommence, il n'a pas le droit à l'erreur.
(Source Allociné)

La critique

Par Tootpadu 09/05/2005

Florent Emilio Siri n'est que le dernier d'une longue série de réalisateurs français qui sont partis aux Etats-Unis ces dernières années, une vague d'exils qui n'a pas connu pareille ampleur depuis plus de soixante ans, à l'époque pour des raisons totalement différentes. Toutefois, les "frenchies" d'antan et d'aujourd'hui ont tous dû se contenter des miettes qui tombent de la table des studios, à savoir des films de genre sans réel prestige. Après Mathieu Kassovitz et son film d'horreur bâclé et la Catwoman embarrassante de Pitof, Siri s'essaie plus ou moins au même genre que Jean-François Richet, le policier qui épouse assez étroitement les formes du huis clos. Les espaces exigus, ce réalisateur prometteur leur doit son premier succès, le Nid de guêpes d'une efficacité piquante. Mais ce style, assurément d'inspiration américaine, qui fonctionnait si bien dans un environnement français, va-t-il prospérer sur sa terre d'origine ?
La réponse à cette interrogation formelle ne peut être que partielle. En effet, Siri reste attaché ici à son style soigné, juste ce qu'il faut de léché. La beauté formelle qui en ressort renforce un scénario au début trop attaché au déroulement type d'une histoire de prise d'otage. On pourrait de même noter un casting étonnant, qui s'attache, en dehors du visage soigné de Bruce Willis, à des physionomies très communes, comme pour souligner l'aspect anodin des événements et des personnes qui y sont impliquées. Enfin, Alexandre Desplats nous décoit un peu avec sa troisième partition pour un film anglophone, qui remplace les thèmes subtils et entraînants de La Jeune fille à la perle et de Birth, avec une bande originale constamment au bord du pompeux.
Mais là où le bât blesse réellement, c'est dans le dérapage progressif et irrémédiable du scénario dans le troisième acte. Auparavant, si la situation de la double prise d'otage n'avait rien de spectaculaire, elle servait au moins de fond convenable au déploiement de la mise en scène serrée. Mais cette dernière tourne de plus en plus en roue libre, au fur et à mesure de l'empilement d'idioties et de revirements tirés par les cheveux. Ce qui avait commencé de façon plus ou moins prometteuse se termine ainsi dans le n'importe-quoi le plus total, en dépit de Siri qui cherche au moins à sauver les apparences.
Après cette première fournée de Français à Hollywood et peu importe les déconvenues scénaristiques majeures, Florent Emilio Siri est le seul à s'en être sorti avec les honneurs, et le seul pour qui une poursuite de la carrière américaine serait souhaitable, quoique peu probable.

Vu le 6 mai 2005, à l'UGC Ciné Cité Bercy, Salle 15, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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