Suspect zero

Réalisé par E. Elias Merhige (2005)

Thriller
Suspect zero
Durée 98 minutes
Sortie 23/03/2005
Note 3/10

Pour Thomas MacKelway, enquêteur au FBI, les trois meurtres qu'il a sur les bras n'ont en principe aucun lien entre eux. Pourtant, rapidement, le tueur le défie et lui envoie des énigmes...
(Source Allociné)

La critique

Par Tootpadu 05/04/2005

Regarder un film réellement mauvais peut avoir cela de gratifiant que, au lieu de suivre la démarche habituelle de chercher et analyser ou tout simplement apprécier les qualités de l'oeuvre, le spectateur dépité se met en quête de toutes les imperfections, de toutes les fautes immanquables qui sillonnent les longues minutes du supplice. De ce point de vue, le troisième film d'E. Elias Merhige, après le déjà pas fameux Ombre du vampire, ne vous laissera point de répit, tellement les énormités du scénario, les effets de style hyper-prétentieux de la mise en scène et les interprétations ratées s'empilent.
Si vous avez vu la bande-annonce, vous avez déjà compris tout ce qu'il y a à comprendre en vue de l'intrigue du film. Car les quelques éléments supplémentaires qui surgissent sans justification au cours de l'oeuvre ne font qu'embourber et paralyser l'histoire. Celle-ci consiste, à son niveau le plus élémentaire, en une variation sans originalité du Silence des agneaux, avec les tueurs en série et les agents fédéraux incroyablement pointus qui pullulent depuis une bonne décennie le genre policier américain. Mais en supplément totalement dispensable, le réalisateur nous inflige son style visuel particulièrement alambiqué qui s'appuie sur des cadrages inutilement recherchés et un montage dont même Oliver Stone n'oserait pas se servir. L'incohérence du scénario est ainsi minée par une mise en scène, certes suivie et intransigeante, dont l'aspect de loin trop prétentieux détourne le peu d'attention que générait l'histoire.
Faute d'avoir une matière de base un minimum crédible et engageante, et en plus écrasés par des tics agaçants de la réalisation, les acteurs ne trouvent point l'occasion de briller, au contraire. Tandis qu'Aaron Eckhart peut s'avérer tout à fait convaincant dans des seconds rôles (L'Enfer du dimanche, Erin Brokovich), son entrée dans l'arène des grands est complètement ratée ici. Soit paniqué, soit exsangue, son personnage ne nous touche jamais et il contribue, presque au même niveau que les défaillances catastrophiques du scénario et de la mise en scène, à notre indifférence, voire à notre dégoût, les plus affirmés. Ceci dit, ce n'est pas une partenaire aussi inégale et pour la plupart fade comme Carrie-Anne Moss qui va l'aider à retrouver des couleurs. A l'opposé, Ben Kingsley est certainement haut en couleurs ici, mais pas du tout dans le bon sens. Il surjoue constamment et semble prêt à épuiser jusqu'au dernier souffle le peu de vitalité que sa carrière avait retrouvé grâce au rôle du méchant frénétique dans Sexy Beast. Il est d'ailleurs regrettable que cette bouse dans laquelle il ne fait que s'embarrasser a les honneurs d'une sortie au cinéma, tandis que son interprétation apparemment plus remarquable dans House of Sand and Fog a dû se contenter d'une première à la télé.

Vu le 4 avril 2005, à l'UGC Forum Orient Express, Salle 1, en VO

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

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