Pakeezah
Réalisé par Kamal Amrohi (1975)
| Durée | 121 minutes |
| Sortie | 12/02/1975 |
| Note | 5/10 |
Nargis est une danseuse convoitée par tous ses clients, jusqu'au jour où un homme issu d'une famille riche l'emmène avec lui afin de l'épouser. Mais la famille rejette cette fille de joie, qui se réfugie dans un cimetière pour y mourir de chagrin, après avoir donné naissance à sa fille. Par hasard, la soeur de Nargis découvre le destin funeste de sa nièce et la prend avec elle dans la maison qui faisait la renommé de la défunte. Le temps passe et, par un autre hasard, le veuf de Nargis s'apprête à retrouver Sahibjaan, sa fille perdue, devenue entretemps le reflet identique de la beauté de sa mère. Mais la tante empêche ces retrouvailles et quitte la ville pour rejoindre une autre province. Pendant le trajet, Salim, un jeune voyageur, s'introduit par accident dans le compartiment de Sahibjaan, endormie. Il ne peut qu'admirer sa beauté et celle de ses pieds de danseuse et laisse un mot d'admiration entre ses orteilles. La jeune femme ne cesse alors de rêver de cet inconnu mystérieux, espérant faire sa connaissance un jour.
La critique
Par Tootpadu 16/07/2004
Mais même en pièces détachées, ce mélodrame au souffle épique éveille par intermittences notre intérêt. D'abord, à travers son intrigue issue d'un conte de fées qui n'en a pourtant point l'aspect. Alors que les coups malheureux du destin se multiplient et que le seul espoir est cet étrangeur mystérieux, l'invraisemblance des incidents se mélange avec une observation sociale certes pas d'une pertinence absolue, mais qui a au moins le mérite d'indiquer quelques injustices des rapports hiérarchiques en Inde.
Ensuite, le ton du film se laisse emporter lors des séquences les plus intenses vers un romantisme exacerbé. Puisqu'il est interdit de montrer toute activité sexuelle à l'écran, le désir se fraye d'autres chemins qui sont pavés dans le cas présent par des gros plans sur des yeux grands ouverts ou des images idylliques de la nature. Cela donne un aspect particulier à des rapports carrément écrasé par leur représentation conventionnelle dans le cinéma européen et américain. Comme quoi le cinéma indien populaire n'est pas forcément ennuyeux, mais décidemment imbibé d'eau de rose.
Vu le 9 juillet 2004, au Mac Mahon, en VO