Comme un avion
Réalisé par Bruno Podalydès (2015)
| Durée | 105 minutes |
| Sortie | 10/06/2015 |
| Note | 6/10 |
Michel, la cinquantaine, est infographiste. Passionné par l'aéropostale, il se rêve en Jean Mermoz quand il prend son scooter. Et pourtant, lui?même n’a jamais piloté d’avion… Un jour, Michel tombe en arrêt devant des photos de kayak : on dirait le fuselage d’un avion. C'est le coup de foudre. En cachette de sa femme, il achète un kayak à monter soi?même et tout le matériel qui va avec. Michel pagaie des heures sur son toit, rêve de grandes traversées en solitaire mais ne se décide pas à le mettre à l'eau. Rachelle découvre tout son attirail et le pousse alors à larguer les amarres.
La critique
Par Mulder 07/06/2015
Depuis son premier film Dieu seul me voit (Versailles-Chantiers) en 1998, Bruno Podalydès a toujours gardé la même volonté de bâtir des films librement. Réalisateur et scénariste de chacun de ses sept films (sans compter les films collégiaux), il s’est bâti son propre univers et tourne principalement avec les mêmes comédiens. On retrouve ainsi dans Comme un avion son frère Denis Podalydès mais également Michel Vuillermoz, Vimala Pons et Jean-Noël Brouté. Dans sa filmographie homogène, le réalisateur porte une certaine fascination aux personnages en perpétuelle interrogation introspective. Comme un avion marque une volonté réelle du réalisateur de s’interroger sur notre société actuelle, une société dominée par la technologie et dans laquelle l’homme n’est plus réellement libre de ses choix. Ainsi le personnage de Michel est un infographiste en pleine crise de la cinquantaine qui souhaite se retrouver et vivre sa passion pour l’aéropostale. Pourtant en découvrant des photos d’un kayak, sa passion s’oriente réellement vers ce mode de transport. Sa femme le pousse alors à tenter l’expérience et lui propose de naviguer sur une rivière. Une belle aventure commence alors pour Michel et de nombreuses rencontres vont s’offrir à lui.
Comme un avion est le premier film dans lequel Bruno Podalydès occupe le premier rôle. On sent une réelle relation entre le comédien réalisateur et son personnage. Une certaine volonté de changement de ton et surtout de vouloir tenter de nouvelles choses. C’est également une réelle célébration du retour à la nature et à la quête du véritable amour sur laquelle cette histoire repose. Loin de la société, Michel va découvrir une ginguette longeant cette rivière et dans lequel le temps semble s’être suspendu. Il y rencontrera notamment l’amour auprès de la patronne de celle-ci, de sa serveuse dormant dans sa camionnette et de deux clients réguliers. Ce petit monde semble être en parfaite osmose avec la nature et profiter réellement de la vie. A trois reprises Michel reviendra dans cette ginguette et y trouvera son équilibre. Sur la base d’un scénario plutôt simpliste en soi, le réalisateur réussit à garder notre attention, à nous émouvoir, à nous faire rire et surtout réfléchir sur notre existence. Comme un avion apparaît ainsi comme un voyage introspectif à la recherche de nos erreurs passées.
La manière de créer des personnages profondément humains et de ne pas chercher constamment à créer des situations irréalistes est une volonté récurrente du réalisateur. En cela Comme un avion est un véritable bol d’oxygène, un film atypique dans le paysage du cinéma français, un retour à la nature célébré avec un véritable talent
Vu le 04 juin 2015 à la salle UGC