Un pont trop loin
Réalisé par Richard Attenborough (1977)
| Durée | 169 minutes |
| Sortie | 24/08/1977 |
| Note | 7/10 |
En 1944, après le débarquement en Normandie, les Allemands se réplient progressivement des territoires occupés. Afin de précipiter ce retrait et terminer la guerre avant la fin de l'année, les Alliés mettent sur pied l'opération "Market-Garden" du général Montgomery. Elle consiste à parachuter des centaines de soldats derrière la ligne de front, au Pays-Bas, et à prendre possession des ponts décisifs dans l'invasion finale de l'Allemagne, le temps que les renforts terrestres arrivent. Mais de nombreux contretemps font tourner ce débarquement aérien au fiasco.
La critique
Par Tootpadu 02/10/2006
Le point fort du film est la sincérité avec laquelle il décrit l'absurdité et la cruauté de la guerre. Comme ce fut le cas dans les quelques réussites ultérieures du réalisateur, comme Gandhi, Chaplin ou Les Ombres du coeur, Richard Attenborough ne se soucie pas tellement de soigner son style, mais plutôt de percer l'humanité et la fragilité de ses personnages. Ici, les soldats abandonnés en territoire ennemi à cause des retards pris par les renforts figurent comme les pions dispensables sur le vaste échiquier des stratégies militaires. La suprématie du but à atteindre prime alors sur les failles évidentes du plan, sur les informations contradictoires et même sur les scrupules de quelques supérieurs qui savent pourtant que toute résistance au rouleau compresseur des généraux haut placés est inutile. L'expression de ce malaise de l'individu lucide face à la priorité militaire prend certes parfois une forme peu subtile (les éternelles railleries du général polonais). Mais dans l'ensemble, le message véhiculé par le film est plutôt marqué par une interrogation sur le bien fondé de l'opération, que par une célébration de valeurs patriotiques.
Rares sont les vedettes qui ne remplissent pas parfaitement leur rôle ici. A l'exception d'un volet civil expédié trop rapidement (l'épisode autour de Liv Ullmann et Laurence Olivier), les interprétations sont toutes très solides, avec une mention spéciale pour Dirk Bogarde, excellent comme instigateur ambivalent de l'invasion. Toutefois, c'est la magistrale bande originale de John Addison qui distingue fortement le film !
Revu le 29 septembre 2006, en DVD, en VO