Comme un torrent

Réalisé par Vincente Minnelli (1959)

Drame
Comme un torrent
Durée 136 minutes
Sortie 01/04/1959
Note 6/10

Après une nuit bien arrosée, l'écrivain sans grand succès et ancien soldat Dave Hirsh se retrouve à bord d'un bus qui l'emmène à Parkman, sa ville natale, en compagnie de la fille facile et un peu bête Ginny Moorhead. Bientôt, les vieux conflits avec le frère de Dave, Frank, un bijoutier respecté, se raniment et le revenant se lie d'amitié avec Bama Dillert, un joueur professionnel et un buveur invétéré. Lors d'un dîner familial, Dave fait la connaissance de Gwen French, la séduisante prof de lettres et célibataire, et en tombe éperduement amoureux. Mais la jeune femme hésite à répondre à ses sentiments, à la fois attirée par son talent d'écrivain, et repoussée par son style de vie peu recommandable.

La critique

Par Tootpadu 21/06/2004

Pourvu d'un casting de choix, d'un réalisateur chévronné et d'une équipe technique hautement capable, sans parler de la source prestigieuse (James Jones), ce drame ne tire pourtant pas le meilleur parti de ces attributs enviables. En effet, l'impression de l'éparpillement se précise au fur et à mesure que le film assez long progresse à un rythme chahuté. A défaut de se concentrer sur une seule des relations du protagoniste Dave - dont celle avec Ginny est sans doute la plus inhabituelle -, le scénario pourchasse toute sorte de piste avec trois ou quatre personnages, une abondance de choix qui rend pratiquement chaque histoire insatisfaisante. En tête, celle de la relation pleine de contradictions entre Dave et la fille intellectuelle et frigide, voire complètement schizophrène, qui est en fin de compte encore plus frustrante pour le spectateur que pour les participants. De même, l'univers très bourgeois du frère de Dave n'ajoute rien au constat des moeurs factices et hypocrites dans ces sphères, énoncé de façon bien plus convaincante dans d'autres oeuvres.
Seule l'attachement presque digne d'un chien, mais néanmoins sincère, que Ginny porte envers Dave et la réponse d'abord embarrassée et puis très émue de ce dernier suscite une véritable force dramatique. Il n'est donc point surprenant que c'est la dernière grande scène entre ces deux mal-adaptés qui s'élève au-dessus du bourbier relatif que constitue le reste du film.
La photo est généralement belle, la musique a autant de morceaux géniaux que mal placés, l'interprétation est dans l'ensemble solide, donc, ce sont le scénario et la mise en scène qui empêchent ce drame flamboyant d'être la réussite qu'il aurait peut-être mérité d'être.

Revu le 21 juin 2004, au Mac Mahon, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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