Premières neiges

Réalisé par Aida Begic (2008)

Drame
Premières neiges
Durée 100 minutes
Sortie 08/10/2008
Note 6/10

Une semaine dans la vie d'un village en Bosnie, en 1997. Alors que leurs hommes et leurs enfants ont disparu pendant la guerre, les survivantes ont réuni leurs forces pour subvenir à leurs besoins, grâce à la vente de la confiture de prunes, faite maison. La rencontre avec un camionneur donne l'espoir à Alma de faire prospérer cette affaire artisanale, tandis que les autres femmes sont davantage séduites par l'offre d'achat de leurs terres par un agent immobilier serbe.

La critique

Par Tootpadu 15/09/2008

Ce premier film bosniaque, récompensé par le Grand prix de la Semaine de la critique cette année à Cannes, conte tout en douceur le sort d'un groupe de six femmes, ravagé par les conséquences de la guerre. Le manque d'action dans cette communauté renfermée sur elle-même opère en effet comme un atout au sein d'un récit, dont la position expectative est le motif majeur. L'attente du retour improbable des hommes, l'attente de la concrétisation de la proposition du camionneur et, enfin, l'attente de l'échéance de l'offre d'achat qui scellera, d'une manière ou d'une autre, le sort du village, ce sont là les lignes de fuite de quelques vies anéanties après la guerre.
La mise en scène d'Aida Begic est particulièrement sensible envers les rapports de force, guère faciles, qui régissent la vie quotidienne du village. Elle évoque à la fois les vestiges de dignité de ces femmes dépourvues de tout, et leur instinct de survie, qui les pousse à sacrifier la seule chose qui les maintient encore en vie. A travers la structure des chapitres journaliers, elle confère un ordre à son film, qui contraste agréablement avec la monotonie des activités des femmes.
Seuls les rares éléments fantastiques et l'épilogue expéditif contrastent avec le ton apaisant du film. L'enfant aux cheveux qui possent à toute vitesse et le tapis de la vieille dame, qui sert de pont vers l'inconnu, dénaturent un peu inutilement une histoire, qui aurait très bien fonctionné sans eux. Et une fin complètement ouverte aurait probablement été préférable au dernier chapitre brouillon, un an plus tard.

Vu le 11 septembre 2008, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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