Casino
Réalisé par Martin Scorsese (1996)
| Durée | 178 minutes |
| Sortie | 13/03/1996 |
| Note | 5/10 |
Au début des années 1970, Sam "Ace" Rothstein, un parieur chévronné, est dépêché à Las Vegas par la mafia pour y diriger leur nouveau casino, le Tangiers. Assisté par Nicky Santoro, son homme de main violent et imprévisible, il fait fortune et pour lui et pour ses puissants commanditaires. Son mariage avec la prostitué de luxe Ginger est également basé sur l'argent, puisqu'il tente de la rendre fidèle avec des bijoux et des millions de dollars déposés à la banque. Ce beau rêve commence à dégringoler lorsque Nicky devient un indésirable sur le circuit des casinos en raison des ses affaires louches.
La critique
Par Tootpadu 19/04/2005
Bien que Scorsese n'ait jamais été un réalisateur très habile dans la création d'emotions, il a su, dans ses meilleurs films, soulever le souffle d'une narration élégante et prenante. Il n'en est malheureusement rien ici, car au lieu de laisser le récit se développer majestueusement sur la durée, il préfère le morceler sur le sentier battu de la tragédie (l'ascension, la gloire, la chute). En plus, le film souffre d'un déséquilibre désagréable entre l'agression permanente de l'oreille, à travers un nouveau morceau de musique toutes les trente secondes et une profusion de voix-off, et le repos involontaire de l'oeil. Casino constitue le début d'un nouveau cycle esthétique dans la filmographie de Scorsese. Finis les mouvements de caméra incessants et le montage frénétique qui cachaient avec panache les faiblesses du scénario dans Les Affranchis, terminés les compositions de plan bizarres dans Les Nerfs à vif qui comportaient une efficacité insoupçonnée : l'heure est désormais au vide pictural, à l'enchaînement de plans anodins et au montage factice. C'est presque comme si Scorsese avait perdu confiance en le pouvoir de ses images d'antant, comme s'il voulait compenser le caractère quelconque de ses cadrages par un travail surchargé pour la bande son. Même l'opulence des décors, qui avait encore fait illusion dans son film précédent, Le Temps de l'innocence, ne traduit plus que le manque de rapport entre l'attachement au détail et la conception de l'ensemble.
Si De Niro et Pesci reprennent presque intégralement les rôles de leurs films antérieurs, la prestation de Sharon Stone est trop inégale pour convaincre. D'abord le symbole même du charme intéressé, elle glisse rapidement dans les affres de l'exagération avec ses crises de nerf répétitives. Ainsi, son meilleur rôle à ce jour reste dans Basic instinct - d'où probablement sa persévérance d'en faire la suite - et le seul autre bon film dans sa filmographie demeure Total Recall.
Revu le 18 avril 2005, au Max Linder, en VO