L'ordre moral

Réalisé par Mário Barroso (2020)

Drame historique
L'ordre moral
Durée 101 minutes
Sortie 23/09/2020
Note 7/10

En 1918, Maria Adelaide Coelho da Cunha, héritière et propriétaire du journal Diário de Notícias, abandonne le luxe social et culturel familial dans lequel elle vit, pour s'enfuir avec un insignifiant chauffeur de 22 ans plus jeune qu’elle. Les conséquences de cette décision vont être douloureuses et moralement dévastatrices.

La critique

Par Marianne Velma 23/09/2020

Une dame de plus de 40 ans, de petite taille, a disparu. Elle portait une robe marron foncé, un manteau noir, des fourrures, un canotier en velours noir, sans ornements, et des chaussures en cuir verni. » En découvrant cet avis de recherche, resté pendant une semaine dans le Diário de Notícias en novembre 1918, les lecteurs ont dû avoir des sueurs froides. Une dame de la haute société a disparu. Seuls des scélérats et des bandits ont pu commettre un tel méfait. S’ils avaient su alors à quel point les apparences sont trompeuses…

Avec l’Ordre moral, Mário Barroso adapte librement la vraie vie de Maria Adelaïde Coelho da Cunha. Une riche héritière portugaise qui a tout quitté pour fuir avec son chauffeur âgé de 22 ans de moins qu’elle. Une fugue qui la conduira directement à l’asile de folles sans autre forme de procès. Car quelle autre explication pouvait éclairer son geste ?

Si cette histoire habite Mário Barroso depuis son enfance, il n’a pas souhaité pour autant en faire une retranscription fidèle. Le cinéaste, qui a surtout officié en tant que directeur de la photographie, a préféré s’interroger sur l’esprit libérateur de cet acte plus que sur la romance en elle-même. Ce parti pris constitue à la fois la force et la faiblesse de l’Ordre moral.

Sa force car en se concentrant sur cette figure historique dans son entièreté (et pas uniquement sur ses sentiments), il dresse un portrait de femme puissant incarné par une Maria de Medéros assez époustouflante. Le cinéaste la filme avec une grâce et une acuité qui n’a peur de rien. Ni de la peau qui se flétrit, ni de l’étincelle de détermination qui anime son regard.

Mais à trop vouloir éviter les émotions, le spectateur reste une bonne partie du long métrage à l’extérieur. Notamment dans la première partie du film, les enjeux n’étant pas dévoilés assez rapidement, ce qui nous empêche de croire vraiment dans cette histoire d’amour.

Pour autant, les amoureux du beau et de la cinéphilie ne pourront pas s’ennuyer une seconde tant les décors et la photographie de l’Ordre moral impressionnent à chaque instant. Entre les jeux de miroirs, les lignes de fuite, les ambiances volontairement théâtrales… certains plans semblent tout droit être sortis d’un tableau de maître. Cet embrasement visuel se meut parfaitement avec la colère sourde qui étreint le spectateur dans la deuxième partie du film. L’Ordre moral manque sans doute un peu de passion, mais sa colère juste en fait un remarquable film féministe et surtout très actuel.
Ma note : 3,5

L’Ordre moral
Un film de Mário Barroso
Produit par Paulo Branco
Avec Maria de Medeiros, Marcello Urgeghe, Joao Pedro Mamede, Joao Arrais, Albano Jeronimo, Julia Palha, Ana Padrao, Vera Moura
Scénario de Carlos Saboga
Directeur de la photographie : Mário Barroso
Musique : Mario Laginha
Producteur exécutif : Ana Pinhão Moura
Producteur : Paulo Branco
Production : Leopardo Filmes en Association Avec APM Produções
Date de sortie : le 30 septembre 2020
Duréec

Vu le 16 septembre 2020 au club 13

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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