Roi Arthur (Le)

Réalisé par Antoine Fuqua (2004)

Aventure
Roi Arthur (Le)
Durée 126 minutes
Sortie 04/08/2004
Note 3/10

Après cinq siècles de domination sur la Grande-Bretagne, l'Empire romain, chaque jour plus affaibli, abandonne l'île pourtant menacée par les invasions sanguinaires des Saxons. Avant d'être libéré de ses obligations, Arthur se voit confier une dernière mission. Il doit secourir la belle Guenièvre, torturée pour hérésie. Avec ses chevaliers, il prend conscience qu'ils sont le dernier espoir face au massacre programmé par les Saxons. Tandis que les chevaliers tentent de conduire le peuple et les nobles à l'abri du Mur d'Hadrien, Arthur doit choisir son destin. S'il s'enfuit, il sera libre ; s'il s'oppose aux légions de Saxons qui s'apprêtent à déferler, il sera certainement tué. Il ignore que sa décision changera le cours de l'Histoire.
(Source Allociné)

La critique

Par Tootpadu 17/09/2004

Selon notre théorie personnelle, le montage est au cinéma ce que le sang est au corps humain : un agent de fluidité et de vie qui permet le mouvement et l'existence organique. En conséquence, un agencement laborieux, voire agaçant des plans peut conduire à une issue fatale de notre appréciation. Face à ce désastre monumental, on souhaiterait presque que le montage soit le seul point faible, hélas il n'est que la partie la plus voyante et pénible. Car même si notre haine pour un certain Michael Bay n'est plus un mystère, celui-ci a au moins le courage douteux de se fourvoyer corps et âme dans son style très particulier et très indigeste. Pas de signature d'incapable ici, par contre, juste un tas immense de désordre, sans ligne conductrice, sans beauté, sans le moindre intérêt, sans même le souffle d'un moribond. Toutes les images, d'ailleurs affreusement mal cadrées, sont assemblées de la plus mauvaise façon qui soit : sans aucune intention, au hasard, sans que, par coïncidence, l'on ait au moins droit à ne serait-ce qu'une seule séquence réussie. Ou peut-être même pire encore - cette bataille finale immonde et confuse nous permet de le supposer - : comme la caméra paraît toujours placée à l'endroit le plus anodin, le montage pourrait aussi volontairement privilégier les raccords les plus foireux et fortuits.
Il ne peut être autrement que de vouloir chercher un responsable pour cet immense gâchis. Etonnamment, et le monteur (Conrad Buff), et le chef-opérateur (Slawomir Idziak) ont tous les deux une carrière très respectable avec de très bons films, comme Terminator 2, Treize jours et Trois couleurs : Bleu, La Chute du faucon noir, respectivement. Alors que l'on s'est, malgré nous, habitué aux frasques de Hans Zimmer qui livre ici une bande originale tonitruante et rien d'autre, l'échec total des autres techniciens peut surprendre. Serait-ce la faute du réalisateur, un tâcheron dont on n'attend plus de bon film, celle du scénariste qui se croit encore dans son oeuvre précédente (Gladiator), infiniment plus regardable et pompée sans retenue ici, ou bien, Jerry Bruckheimer a-t-il encore charcuté une de ses productions pas assez vendeuse ? Puisque le film n'a aucun intérêt pour nous, nous n'envisageons nullement une chasse au trésor pour trouver le coupable de ce pire 'blockbuster' de l'été.
Techniquement au delà de tout salut, cette adaptation très libre de l'histoire d'Arthur (allez, tous ensemble pour la liberté, bien sentie à l'américaine impérialiste) ne trouve pas non plus la moindre rédemption du côté de l'interprétation. Clive Owen ressemble au mieux à un Richard Burton somnolant, au pire à un acteur de seconde zone qui veut jouer les héros. Keira Knightley n'est séduisante que dans son attirail de guerre minimaliste - d'ailleurs un des excessivement rares attraits du film. Ioan Gruffudd nous cachait assez bien jusque-là quel cabotin insipide il peut être. Et Stellan Skarsgard se complait dans une imitation brandoesque du plus mauvais effet.
Rien que pour avoir inspiré de tels ratages complets, le statut de Gladiator devrait être sérieusement revu à la baisse.

Vu le 17 septembre 2004, au Publicis Cinémas, Salle 1, en VO

★★★☆☆☆☆☆☆☆ 3/10

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