Philibert

Réalisé par Sylvain Fusée (2011)

Aventure
Philibert
Durée 102 minutes
Sortie 06/04/2011
Note 6/10

En 1550, le jeune Philibert n’a que deux ambitions : perpétuer la tradition familiale de cultiver des artichauts en Bretagne et trouver la femme de ses rêves pour laquelle il est resté puceau jusqu’à présent. Sur son lit de mort, son père lui apprend pourtant qu’il est réellement le fils du comte Fulgence Bérendourt de Saint-Avoise, assassiné il y a vingt ans par un noble avec une tache de vin en forme de rose dans le cou. Dès lors, le jeune gaillard doit abandonner son ancienne vie et venger l’honneur de son père.

La critique

Par Tootpadu 17/03/2011

Les films de cape et d’épée ne sont plus à la mode depuis longtemps. A quelques exceptions peu pérennes près, comme Le Hussard sur le toit de Jean-Paul Rappeneau et Fanfan la tulipe de Gérard Krawczyk, il faudra remonter plusieurs décennies en arrière pour trouver un nombre conséquent de ces aventures aux gentilshommes fringants et aux demoiselles en détresse. Il était donc grand temps de dépoussiérer tant soit peu ce genre du cinéma de pépé. Et qui d’autre que l’équipe derrière la renaissance filmique de OSS 117 – avec quelques transfuges de l’univers de « Kaamelott » et de Groland en prime – pour s’atteler à cette tâche pour le moins hasardeuse ? Plus encore que les exploits des agents caricaturaux issus de la Guerre froide, les intrigues chevaleresques ont en effet marqué leur époque et lui restent redevables au point d’apparaître d’emblée comme vieillottes, voire antiques.
L’exploit principal de Philibert, qui devrait plutôt s’appeler Les Aventures de Philibert Capitaine Puceau, consiste en un mélange très habile entre l’hommage sincère et une relecture assez hilarante, qui évite les pires dérives d’un humour potache. Si l’on fait abstraction des quelques clins d’œil malicieux qui pimentent le récit, le premier film du réalisateur Sylvain Fusée fonctionne en effet parfaitement comme une épopée de cape et d’épée à l’ancienne. Le ton de la narration ne s’écarte jamais trop du premier degré pour laisser libre cours à une relecture abusivement ironique. Le parcours rocambolesque du jeune aristocrate doublement déshérité suit plutôt la trame établie autrefois pour mettre en valeur le charme de Errol Flynn ou de Jean Marais. La naïveté assumée de l’histoire permet ainsi d’apprécier ce film comme un divertissement plaisant, à la fois conscient de la tradition cinématographique qu’il pille à tout va et assez sûr de lui-même pour ne pas passer sous silence les sous-entendus plus ou moins savoureux, à peine esquissés à l’époque.
Car même si elle reste respectueuse à l’égard du genre qu’elle ressuscite, cette comédie relève avant tout de la parodie pure et simple. Les moqueries et les insinuations vont alors bon train, notamment par rapport à la sexualité assez trouble du jeune héros, qui a initialement une peur bleue des femmes et qui préfère empoigner chaleureusement ses camarades. Or, le scénario ne s’évertue guère à chercher la blague facile. Il s’applique davantage à souligner l’aspect artificiel – des grillades toujours impeccables aux poursuites en accéléré – d’un genre qui ne retrouve peut-être pas ses lettres de noblesse ici, mais qui est remis au goût du jour avec une vivacité d’esprit suffisamment lucide pour ne pas trop se prendre au sérieux.

Vu le 15 mars 2011, à la Salle Gaumont - Louis Feuillade

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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