La Malédiction de la Dame Blanche
Réalisé par Michael Chaves (2019)
| Durée | 94 minutes |
| Sortie | 17/04/2019 |
| Note | 7/10 |
La critique
Par Mulder 21/04/2019
On ne dira jamais assez que découvrir un film en projection presse la veille de sa sortie n’a aucune utilité réelle (surtout si c’est le soir). En effet, écrire une critique prend en général une bonne heure et plus celle-ci est postée tôt plus elle a de lecteurs et de l’importance. Dans le cas présent de La Malédiction de la dame blanche et comme particulièrement tous les films Warner Bros récents (enfin ceux qu’il est possible de découvrir en projection de presse online lorsque celles-ci sont proposées) une avant-première est proposée longtemps avant la projection presse online. Certes cette fois nous aurions dû voir ce film en version Imax le vendredi 12 au cinéma Gaumont Disney Village malheureusement nous avions été les seuls à pouvoir acheter une place pour cette projection car le film n’avait pas pu être téléchargé complètement par le cinéma et la séance avait été de ce fait déprogrammée (on ne redira jamais assez l’importance d’une bonne communication pour un cinéma surtout dans le cas présent). Parenthèse nécessaire faite et maintenant fermée.
La Malédiction de la dame blanche (The Curse of La Llorona) s’inscrit dans l’univers cinématographique Conjuring non seulement par la présence du personnage du Père Pérez aperçu dans le spin-off de ce film Annabelle et interprété toujours par le comédien Tony Amendola, la présence de cette fameuse poupée mais aussi par James Wan comme l’un des producteurs (réalisateur de Conjuring : les dossiers Warren (2013) et Conjuring 2 : Le cas Enfield). Ce film reprend ainsi les codes de cet univers et nous propose un thriller horrifique envoutant particulièrement éprouvant et aux nombreux jump scare réussis.
Après une scène de préambule se déroulant en 1573 dans laquelle nous voyons une femme voilée noyer ses deux enfants dans une rivière pour se venger de son mari qui l’avait trompé et se suicidant juste après. Maudite, elle continuera à hanter de nombreux endroits et à vouloir noyer d’autres enfants. L’action se déroule ainsi quatre cents ans après, en 1973 et nous découvrons une assistante sociale, Anna, élevant seule ses deux enfants après que son défunt mari se soit fait tuer lors d’une opération policière qui s’est mal terminée. En voulant sauver deux enfants séquestrés par leur mère elle va non seulement provoquer la mort de ceux-ci en laissant involontairement accès à la dame blanche le champ libre pour les noyer. Ivre de vengeance la mère de ses deux enfants qui ne souhaitait que les protéger va prier la dame blanche de noyer à son tour les deux enfants d’Anna.
Anna en prise avec cette force démoniaque demande l’aide du Père Pérez mais celui-ci se dira incompétent pour contrecarrer les plans de cette créature et l’orientera donc vers Ranchero, un ancien prêtre devenu exorciste et aux pratiques aussi dangereuses qu’efficaces. L’affrontement inévitable aura donc lieu et se révèlera plutôt parfaitement amené. Certes le scénario de Mikki Daughtry et tobias Laconis n’est pas en soi particulièrement novateur et applique ainsi de manière rigoureuse les règles mises en place par l’univers Conjuring c’est-à-dire orienter le film vers un thriller aux nombreux rebondissements que vers une surenchère de déferlement de sang et d’effets gores. Malheureusement ce film semble aussi bien pomper dans le premier Poltergeist (1982) de Tobe Hooper pour la maison hantée que vers Les Griffes de la nuit (1984) (A Nightmare on Elm Street) notamment pour la scène dans la salle de bain et les prémisses de l’apparition de la dame blanche. Certes cela attenue les effets mais cela se révèle plutôt efficace pour faire sursauter les spectateurs sur leur fauteuil.
Après de nombreux courts métrages (Worst date ever (2009), Regen (2010), Make note of every sound (2014), The Maiden (2016), la malédiction de la dame blanche constitue le premier long métrage de Michael Chaves. Malgré de nombreuses faiblesses du point de vue du rythme du film et la volonté de proposer un divertissement horrifique à petit budget et donc se déroulant pratiquement dans le même lieu (la maison d’Anna et de ses enfants), il faut reconnaitre que celui-ci est assez efficace et en partie grâce à une réalisation inspirée et un montage allant droit à l’essentiel. On aurait ainsi préféré une meilleure utilisation de la musique, clé de voûte importante de l’ambiance d’un tel film et surtout un maquillage nettement plus terrifique de cette créature diabolique.
On appréciera et saluera cependant la présence de la comédienne Linda Cardellini (séries Urgences, Mad men et revue récemment dans Hunter Killer (2018), L’ombre d’Emily (2018) et Vey bad dads 1&2 (2015-2017). Elle apporte au film une valeur ajoutée certaine et donne une réelle épaisseur à son personnage. De la même manière les deux enfants qui interprètent ceux de son personnage se révèlent convaincants et ont un rôle très important dans ce film. Enfin, le comédien Raymond Cruz (séries Breaking bad, Major crimes, Better Call Saul) est un choix parfait pour donner vie à son personnage Rafael Olvera.
A défaut d’être novateur, La Malédiction de la dame blanche est un honnête thriller horrifique qui mérite d’être découvert au cinéma. L’apport Imax ne se justifie cependant pas étant donné qu’il s’agit d’une petite production et non d’un blockbuster à gros budget.
The Curse of La Llorona (La Malédiction de la Dame Blanche)
Un film de Michael Chaves
Produit par James Wan, Gary Dauberman, Emile Gladstone
Sur un scenario de Mikki Daughtry, Tobias Iaconis
Avec Linda Cardellini, Raymond Cruz, Patricia Velásquez, Marisol Ramirez
Musique de Joseph Bishara
Directeur de la photographie : Michael Burgess
Montage : Peter Gvozdas
Production : New Line Cinema, Atomic Monster Productions
Distribué par Warner Bros. Pictures France
Date de sortie : 15 mars 2019 (SXSW), 17 avril 2019 (France), 19 avril 2019 (Etats-Unis),
Vu le 17 avril 2019 au Gaumont Disney Village, Salle 2, en VF