Troie

Réalisé par Wolfgang Petersen (2004)

Aventures
Troie
Durée 162 minutes
Sortie 13/05/2004
Note 5/10

Dans la Grèce antique, l'enlèvement d'Hélène, reine de Sparte, par Paris, prince de Troie, est une insulte que le roi Ménélas ne peut supporter. L'honneur familial étant en jeu, Agamemnon, frère de Ménélas et puissant roi de Mycènes, réunit toutes les armées grecques afin de faire sortir Hélène de Troie. Mais en réalité, la sauvegarde de l'honneur familial n'est qu'un prétexte pris par Agamemnon pour cacher sa terrible avidité. Celui-ci cherche en fait à contrôler Troie et à agrandir son vaste empire. Aucune armée n'a jamais réussi à pénétrer dans la cité fortifiée, sur laquelle veillent le roi Priam et le prince Hector. L'issue de la guerre de Troie dépendra notamment d'un homme, Achille, connu comme le plus grand guerrier de son époque. Arrogant, rebelle, et réputé invicible, celui-ci n'a d'attache pour rien ni personne si ce n'est sa propre gloire... Site officiel http://troymovie.warnerbros.com/
(Source Allociné)

Les critiques

Par Tootpadu 22/05/2007

Grâce à Gladiator, on assistera dans les mois à venir à une suite soutenue de péplums de tout genre, du Roi Arthur jusqu'à l'Alexandre d'Oliver Stone qui couronnera la saison de cette fin d'année. Pour ouvrir les cérémonies ancestrales, voici la première super-production de l'été, imposante en moyens engagés et ambitieux dans sa quête d'adapter Homère au goût du jour.
Après des débuts d'une maladresse presque déconcertante quant à l'exposition et à l'explication des enjeux de l'intrigue, ce péplum trouve enfin son rythme lors du premier affrontement entre les Grecs et les Troiens. Le chantier du conflit central atteint alors son accomplissement et, jusqu'au duel entre Hector et Achille, l'histoire puise sa force de l'opposition entre ces deux hommes très différents. Partisans de deux camps opposés, ils y symbolisent cependant une forme éclairée de la raison, en dépit de leurs attributs de vicitme face à la foie aveugle d'un côté et à la soif du pouvoir de l'autre. Cette lucidité résignée se heurte tour à tour aux obligations du sang et de l'honneur ou, plus immédiatement et d'une logique presque bête, tellement elle est inéluctable, à la règle du cause-à-l'effet. Car si le scénario, pratiquement dépourvu de répliques mémorables, réussit bien une chose, c'est de souligner l'enchaînement d'actes d'individus qui en appellent d'autres, jusqu'à une guerre totale sans vainqueur. Dans l'engrenage des événements, peu de personnages ont la possibilité d'évoluer, à cause de leur enracinement trop profond dans les codes sociaux ou des ambitions personnelles qui les gouvernent. Que la seule véritable prise de conscience s'opère à travers un personnage qui n'en était nullement prédestiné au début, en voilà une récompense satisfaisante, à défaut d'être enthousiasmante, au bout de plus de deux heures et demie de spectacle guerrier.
Le côté généralement figé des héros et autres comparses de cette histoire aurait requis une direction d'acteurs et des interprétations moins outrancières pour donner vie à ces prototypes qui ont fortement marqué l'histoire dramatique de notre culture. Pour la plupart de cette noble distribution, on assiste alors à des prestations peu intéressantes, voire peu convaincantes, notamment de la part d'Achille en personne, puisque le beau corps sculpté de Brad Pitt ne cache en rien le fait qu'il s'agit ici d'un comédien contemporain, dont les traits et le jeu dénotent dans un cadre historique. La même chose peut peu ou prou être affirmée du reste de la distribution, à l'exception notable d'Eric Bana qui campe un Hector d'une rage et d'une intensité réfléchie qui arrache cet homme noble des méandres de l'ennui solennel. On en viendrait presque à lui pardonner sa prestation molle dans Hulk, c'est à ce point qu'il renoue ici avec ses débuts prometteurs dans La Chute du Faucon Noir !
Egalement impressionnant, le retour en grande forme de Peter O'Toole qui habite avec finesse, sagesse et mélancolie le rôle du vieux roi Priam, un homme las de la guerre, courageux et responsable, mais trop confiant en la bienveillance des Dieux. Pour son premier rôle important en plus d'une décennie, il nous rappelle de façon inattendue qu'on peut toujours compter sur lui et que, visiblement, l'Oscar honoraire de l'année passée était décernée de manière prématurée. On ne va toutefois pas jusqu'à prédire une quelconque consécration pour ce film précis, mais rien que le rappel d'un talent immense plus actif que jamais pourra bien lui ouvrir les portes vers des opportunités encore meilleures. Hélas, cette autre égérie des années 1960, à savoir Julie Christie, doit se contenter, pour sa part, d'une apparition furtive, pas sans mérite, mais bien trop courte pour laisser une impression aussi durable que celle de O'Toole.
Du côté technique, on se trouve à l'abri et des déceptions, et des bonnes surprises. De facture correcte, la mise en scène n'excelle en rien, n'invente rien, mais se contente plutôt de raconter son histoire épique de façon conventionnelle et raisonnablement efficace. Le même jugement vaut pour les autres contributions, avec un bémol pour la chanson horripilante du générique de fin, et une appréciation toute particulière pour les costumes de Bob Ringwood, qui en dévoilent plus qu'ils ne cachent, ce qui est très agréable en vue des acteurs bien portants. Par contre, du côté féminin, le constat est beaucoup plus sobre, avec une Saffron Barrows en Connie Nielsen de pacotille, et une Diane Kruger livide.

Vu le 17 mai 2004, au Gaumont Grand Ecran Italie, Salle 1, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

Par Mulder 28/03/2005

Troie est le récit de l'Iliade revisité par Wolfgang Petersen. Ce poème épique composé de 24 chants est l'oeuvre d'Homère, un Grec d'Asie mineure ayant vécu aux alentours de 850 avant Jésus-Christ. D'autres films prirent appui sur ce poème : La Vie privée d'Hélène de Troie (1927) d'Alexander Korda, Hélène de Troie (1955) de Robert Wise et La Guerre de Troie (1961) de Giorgio Ferroni.

Si le film prend plutôt le parti de l'agressé – les Troyens -, il flatte tout de même dans les grandes largeurs un instinct guerrier fondé sur la défense de la patrie et la loi du talion. Heureusement, Wolfgang Petersen se réveille à mi-parcours. Achille, surtout, sort du lot, et avec lui son interprète, un Brad Pitt qui n'est pas, pour une fois, qu'un playboy de plus. Les scènes de bataille sont filmées avec une étonnante mollesse, et le reste du film est bavard, long, souvent confus. Seuls les combats singuliers restent impressionnants grâce à Achille/Brad Pitt qui danse, bondit et tue comme un félin.

Même si c'est Wolfgang Petersen, l'auteur du très mauvais en "En pleine Tempête" qui est aux commandes, force est de constater que ce peplum est assez sympathique. Les scènes de combats sont magistrales, les scènes romantiques sont pleines d'un souffle romanesque. Pourtant, la sauce ne prend pas. La comparaison avec Gladiator est obligatoire vu que ce sont avec Troie les deux derniers péplums en date d'hollywood. Personnellement j'ai préféré Gladiator, et de très loin. De plus, Brad Pitt en Achille n'a pas la classe d'un Viggo Mortensen en Aragorn, et Brian Cox, à vouloir trop en faire, décridibilise son personnage. Si bien que, même si le spectacle est présent, on se demande un peu quels motifs les ont poussé à se battre. Si vous recherchez l'atmosphère grisante d'un "seigneur des anneaux" avec ces scènes de batailles épiques, passez votre chemin.

A voir lors de son passage sur Canal + sinon, passez votre chemin

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Retour à la liste des Critiques