Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E

Réalisé par Guy Ritchie (2015)

Espionnage
Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E
Durée 117 minutes
Sortie 16/09/2015
Note 7/10

Au début des années 60, en pleine guerre froide, Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E. retrace l'histoire de l'agent de la CIA Solo et de l'agent du KGB Kuryakin. Contraints de laisser de côté leur antagonisme ancestral, les deux hommes s'engagent dans une mission conjointe : mettre hors d'état de nuire une organisation criminelle internationale déterminée à ébranler le fragile équilibre mondial, en favorisant la prolifération des armes et de la technologie nucléaires. Pour l'heure, Solo et Kuryakin n'ont qu'une piste : le contact de la fille d'un scientifique allemand porté disparu, le seul à même d'infiltrer l'organisation criminelle. 

La critique

Par Mulder 16/09/2015

Guy Ritchie semble prendre un plaisir à dynamiser de l’intérieur en imposant ses propres codes visuels des univers aussi éloignés que variés. Ainsi après avoir revisité avec un talent indéniable les films de gangsters (Snatch (2000), Revolver (2005), Rock’n’Rolla), imposé sa vision d’un Sherlock Holmes moderne (Sherlock Holmes 1&2 (2009, 2001) et en attendant de découvrir sa vision du Roi Arthur, son nouveau film Agents très spéciaux : code U.N.C.L.E pourrait apparaître comme sa manière de rendre hommage aux films d’espionnage des années 60/70. Aussi habile réalisateur que scénariste, il trouve matière à travers l’adaptation d’une série culte homonyme des années 60 (1964-1968) à nous proposer non seulement l’un de ses meilleurs films mais surtout tout simplement un grand film d’espionnage à l’ancienne avec scènes d’action spectaculaires, un humour omniprésent et surtout un véritable regard de réalisateur souhaitant dépoussiérer un pan du cinéma d’espionnage représenté à l’heure actuelle par un agent secret britannique mondialement connu, voire un agent américain d’une agence chargée des missions autant impossibles que dangereuses.

Loin de recourir à une succession de scènes spectaculaires, le réalisateur préfère s’appuyer sur un scénario qu’il a co-écrit et qui permet de donner une réelle épaisseur aux deux principaux protagonistes. Impossible de ne pas penser à Double détente de Walter Hill par cette association forcée entre le meilleur agent de la CIA Henry Cavill
et celui du KGB llya Kuryakin. Dès la première scène d’introduction on pense à celle du James Bond Tuer n’est pas jouer (1987) par le fait que Napoleon Solo doit extirper d’Allemagne de l’Est la fille d'un scientifique allemand porté disparu. Le réalisateur prend un réel plaisir à imposer un traitement digne des meilleurs films d’action récents à une scène pourtant vue et revue dans de nombreux films. Ainsi en opposant deux manières de travailler, deux pays antagonistes, le film trouve réellement dès le début son propre rythme et surtout s’attache à décrire avec une très grande précision cette époque ancienne. Ces deux agents secrets vont alors devoir oublier leur rancœur personnelle et unir leur force pour lutter contre une organisation criminelle internationale. Celle-ci en souhaitant utiliser une bombe nucléaire souhaite déstabiliser totalement l’équilibre mondial déjà en pleine scission politique et économique. La guerre froide sert donc de fond à cette histoire pleine de rebondissements et surtout ne cherchant à aucun moment à épater son public par des scènes spectaculaires et hors propos.

La grande qualité de ce nouveau film de Guy Ritchie est de vouloir rester fidèle à la série homonyme et surtout à l’époque dans laquelle se déroulait celle-ci. Chaque scène du film témoigne de sa volonté de garder l’atmosphère des années 70 mais d’y injecter un traitement visuel actuel. Ce soin se ressent non seulement par les choix musicaux tout au long du film, des décors réalistes mais aussi des costumes et des effets spéciaux à l’ancienne omniprésents. Pour réussir un tel hommage volontaire il fallait non seulement un réalisateur audacieux et maîtrisant aussi bien le rythme d’un film et la direction de comédiens mais aussi un casting émérite. Ainsi après le duo Robert Vaughn et David McCallum de la série homonyme et d’un téléfilm Le retour des agents très spéciaux (1983), c’est au tour de Henry Cavill et d’ Armie Hammer de prendre le relais. Le premier possède tout autant la classe nécessaire pour interpréter un agent secret américain mais surtout possède une réelle présence à l’écran comme il a pu le témoigner dans la série Les Tudors (2007-2010) mais surtout dans l’excellent Man of Steel (2013). Impossible donc en découvrant Napoleon Solo de ne pas penser à ce super héros kryptonien invulnérable. De la même manière, Armie Hammer issu aussi du monde de la télévision (Gossip Girl, Le Diable et moi / Un job d'enfer) incarne à la perfection cet agent du KGB digne d’un Terminator à la russe (la première scène du film est un hommage volontaire à ce personnage). Malheureusement le premier rôle féminin Alicia Vikander (Gaby Teller)
semble bien fade comparé à ces deux comédiens parfaits formant un tandem réussi. Dans les seconds rôles on retrouve Hugh Grant et Jared Harris parfaits également.

De nombreux films ont tenté avec plus ou moins de succès de redonner vie à des séries cultes tels l’Agence tout Risque(2010), Chapeau melon et bottes de cuir (1996), The Green Hornet (2011). Si Agents très spéciaux - Code U.N.C.L.E se classe parmi les plus belles réussites c’est en partie dûe au talent considérable de son réalisateur prônant un cinéma authentique, rythmé et surtout souhaitant poursuivre l’héritage de ses aïeux. Pour cela, Guy Ritchie réussit sa mission de nous divertir intelligemment et nous attendons donc la suite des aventures de ces deux agents avec la plus grande impatience.

Vu le vendredi 11septembre 2015 au CID, Deauville,, en VO

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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