Les Enquêtes du Département V : Miséricorde

Réalisé par Mikkel Norgaard (2015)

Thriller
Les Enquêtes du Département V : Miséricorde
Durée 97 minutes
Sortie 27/03/2015
Note 7/10

Après une bavure qui coûte la vie à l’un de ses collègues et laisse son meilleur ami paralysé, l’inspecteur Carl Mørck a presque tout perdu. Mis sur la touche, privé du droit d’enquêter, il est chargé d’archiver les vieux dossiers du commissariat avec Hafez el Assad, l’assistant d’origine syrienne qui lui est imposé. Mais très vite, les deux policiers désobéissent à leur supérieur et rouvrent une enquête jamais résolue, la disparition mystérieuse d’une jeune politicienne prometteuse survenue cinq ans auparavant.  C’est la naissance du Département V et sa première enquête...

La critique

Par Mulder 29/03/2015

 
Le thriller danois a pu permettre de découvrir de brillants réalisateurs et des films violents, sans concession et parfaitement maitrisés. Des réalisateurs comme Lars Von Trier (Element of crime (1984)), Ole Bornedal (Le Veilleur de nuit (1994)), Nicolas Winding Refn (Bleeder (1999), trilogie Pusher (1996-2006)), Niels Arden Oplev (Millenium (2009)) et Alex van Warmerdam (Borgman (2013)) ont pu y établir une réputation internationale. 
 
Adapté de la série romancière de Jussi Adler-Olsen  les enquêtes du département compte à ce jour cinq volumes (Miséricorde (2007), Profanation (2008), Délivrance (2009), Dossier 64 (2010) et L’effet papillon (2012)), ce film permet de mettre en place les éléments principaux de cette nouvelle saga hautement recommandable. Le film est donc l’adaptation de la première enquête du département V. Le film se rapproche en quelques d’une version plus violente de la série cold case. Ce département a en effet pour tâche d’élucider des affaires non classées. Suite à une bavure l’inspecteur Carl Mock, solitaire et divorcé s’entend aussi mal avec ses collègues qu’avec son ancienne épouse et leur fils unique. Placardé en guise d’avertissement, il se retrouve avec la seule mission de ranger des dossiers et aura comme co-équipier un assistant d’origine syrienne Hafez el Assad. Les deux hommes que tout oppose vont apprendre à unir leur force et enquêter sur la disparition d’une jeune politicienne qui a eu lieu cinq ans auparavant. Cette première enquête s’impose comme un thriller réussi et captivant et présentant deux personnages attachants. On pense inévitablement à Seven de David Finscher (1995) mais également à des thrillers danois tel le très réussi Millenium.
 
Le personnage de Carl Morck symbolise parfaitement l’inspecteur rongé par son travail, ravagé par son erreur qui a coûté la vie d’un collègue et la paralysie de son meilleur ami. Il n’arrive pas à vaincre son côté sombre. Son investissement  et le fait d’être intègre dans son travail  lui a valu son divorce et  d’êtremal apprécié de ses collègues. C’est son implication totale envers son enquête et le fait de travailler avec son assistant en parfaite adéquation qui lui permettra de mener à bien son enquête. Loin de ces premiers volets statiques servant d’introduction à une nouvelle saga, ce premier film use parfaitement des moyens mis à sa disposition et nous livre une enquête palpitante et sans aucun temps mort. Les nombreux passages liés au passé s’entremêlent parfaitement aux scènes du présent.
 
Le réalisateur Mikkel Norgaard n’en est qu’à son second film après Klown (2010) et la réalisation de plusieurs épisodes de séries (Clown (2005-2009), Borgen (2010-2011)) mais témoigne d’un savoir-faire indéniable pour présenter des plans originaux et faire monter tout au long du récit une ambiance d’un pessimisme rare. Alors que ce film aurait mérité de sortir en salles au vu de sa qualité d’interprétation et de sa réalisation, c’est en e-cinéma que le distributeur Wild Bunch propose ce film juste quelques semaines avant un second film mettant toujours en avant le département V.
 
Vu le 18 mars 2015 à l’Elysée Biarritz en vo 
★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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