Réalité
Réalisé par Quentin Dupieux (2015)
Comédie Dramatique
| Durée | 87 minutes |
| Sortie | 18/02/2015 |
| Note | 7/10 |
Jason Tantra, un cameraman placide, rêve de réaliser son premier film d'horreur. Bob Marshall, un riche producteur, accepte de financer son film à une seule condition : Jason a 48 heures pour trouver le meilleur gémissement de l'histoire du cinéma…
La critique
Par Mulder 22/02/2015
Quentin Dupieux est un réalisateur à part dans le paysage cinématographique français. Après une carrière musicale (on lui doit le tube Flat Beat (1999)), il se lance dans le court métrage puis le long avec Nonfilm (2001). Chacun de ses films suivants continuèrent à être des comédies originales voulant constamment surpendre son public. Ceux qui ont découvert en 2007 Steak en croyant voir une comédie traditionnelle avec Eric et Ramzy ont été plus que décontenancés. Par son style inimitable et sa volonté de réaliser ses films aux Etats-Unis de manière totalement indépendante et avec la même équipe, ses films ont pu trouver leur public. Les films suivants Rubber (2010), Wrong (2012) et Wrong Cops (2014) ont témoigné de cette forme d’anticonformisme.
Réalité ne déroge pas à la règle, même si on sent réellement que le scénario a particulièrement été étudié et décortiqué pour en faire une conclusion sommaire des films précédents. Le réalisateur continue donc à nous pésenter la ville de Los Angeles sous un nouvel angle et surtout nous apporte une vision kafkaïenne de l’industrie cinématographique actuelle. A ce titre la scène dans laquelle le personnage de Jason Tantra (Alain Chabat) tente de vendre son projet de film au producteur Bob Marshal (Jonathan Lambert) paraît complètement irréaliste tel un rêve éveillé. Cette idée d’un rêve dans un rêve est poussé jusqu’au bout du non-sens et donne à ce film une aura véritable. Tellement décalé et incompréhensible par moment qu’il en devient déroutant, Réalité confime tout le bien que nous pensons de ce réalisateur qui a réussi non seulement à gagner sa totale liberté de création mais surtout son indépendance.
Comme ses précédents films, le casting de celui-ci se compose aussi bien de comédiens français (Élodie Bouchez, Alain Chabat, Jonathan Lambert) mais également américain comme John Glover (Lionel Luthor dans la série Smallville). De ce mélange original de culture, d’interprétations, le réalisateur s’impose comme le maître Royal d’un cinéma transformé en cirque itinérant dans lequel un personnage peut se retrouver face à lui-même et trouver le meilleur gémissement de l’histoire du cinéma. Autant d’idées dans un film indépendant impose non seulement le respect mais surtout montre que le cinéma peut continuer à être original et non formaté et plaire autant.
Vu le 05 févier 2015 au Club 13
★★★★★★★☆☆☆
7/10