Indéniablement, le vampire est une figure incontournable du septième art depuis des décennies. Si depuis peu, les suceurs de sang semblent revenir à la mode à travers des sagas comme Twilight (2008) ou encore certaines séries (True Blood (2008), The Vampire Diaries (2009)), force est d'admettre que les films de vampire trouvent véritablement leur star en la figure de Dracula. Sa légende a en effet inspiré une multitude d'adaptations plus ou moins intéressantes d'un point de vue cinématographique, et également plus ou moins couronnées de succès. Avons-nous donc tout vu, et revu à propos du vampire le plus célèbre de l'Histoire du cinéma ? Pas à en croire le titre quelque peu racoleur d'une nouvelle transposition produite par les studios Universal : Dracula Untold. Untold, car le récit est censé nous faire découvrir des aspects encore inconnus du public jusque-là, une partie de l'histoire qui aurait été occultée. Ce long-métrage serait donc placé sous le signe de la nouveauté, des secrets révélés. Mais qu'apporte concrètement cette nouvelle adaptation ???
Certes, le film choisit de s'éloigner clairement du roman de 1897 écrit par Bram Stoker (dont l'adaptation la plus célèbre est sans doute le film éponyme de Francis Ford Coppola (1992)) pour se pencher davantage sur l'homme derrière le mythe, c'est-à-dire Vlad III dit l'Empaleur. Ce ne sont pourtant pas des préoccupations de véracité historique qui semblent prévaloir ici, mais plutôt la volonté de réécrire les origines de la légende, répondant ainsi à la tendance hollywoodienne actuelle. Le passé sanglant et barbare de Vlad, qui lui aura fallu son si sympathique sobriquet, est résumé dans une unique séquence d'ouverture servant d'entrée en matière très réussie. Par la suite, le film va malheureusement chercher son inspiration dans un schéma classique à souhait, qui ferait presque passer notre apprenti vampire pour un super-héros Marvel. Au menu : découverte des pouvoirs, force surhumaine, questionnement moral qui en découle, etc. En somme, rien de très original.??
Toutefois, laisser de côté le personnage de Dracula pour s'intéresser à celui de Vlad possède au moins l'avantage d'insuffler une dimension profondément épique à cette grosse production des studios, qui aurait finalement pu être nettement plus catastrophique. Avec le budget généreux qui lui a été accordé (environ 100 millions de dollars), Gary Shore réalise ici un premier long-métrage concluant dans le sens ou le spectaculaire est de mise. Ce divertissement efficace qui n'a pas choisi de miser sur l'utilisation excessive d'effets spéciaux numériques possède un autre avantage, celui de présenter un casting constitué d'étoiles montantes : Luke Evans, présent depuis peu sur la scène hollywoodienne, et Sarah Gadon, qui y fait ses premiers pas. De manière peu surprenante, une fin très ouverte semble annoncer la naissance d'une nouvelle franchise, si bien sûr, le succès au box-office est rendez-vous.
Vu le 12 Septembre 2014, à la salle Universal, en VO.