3 Days to kill

Réalisé par McG (2014)

Action
3 Days to kill
Durée 116 minutes
Sortie 19/03/2014
Note 6/10

Ethan Renner est un espion issu de la vieille école. Il remplit sans broncher ses contrats pour les services secrets américains, tout en négligeant sévèrement sa vie privée. Lors de sa dernière mission à Belgrade, il laisse s’échapper l’Albinos, le bras droit du Loup, un dangereux marchand d’armes. Terrassé par un accès de toux violent, Ethan apprend alors qu’il a un cancer et qu’il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Il décide de revenir à Paris, afin d’y renouer le contact avec son ex-femme et sa fille adolescente Zoey. Mais Vivi, la nouvelle tueuse sans scrupules de la CIA le retrouve et l’oblige à reprendre le service, en échange d’un remède expérimental qui allongerait son espérance de vie.

Les critiques

Par Tootpadu 01/04/2014

Luc Besson à la rescousse ! La carrière de Kevin Costner a beau être en meilleure forme que l’a été celle de Liam Neeson, avant que ce dernier ne vive une renaissance inespérée grâce à la série des Taken, elle consiste essentiellement en des seconds rôles prestigieux. Cela fait assez longtemps que la vedette incontournable du cinéma hollywoodien des années 1990 n’a pas porté un film sur ses seules épaules. Elle revient sur le devant de la scène avec un film d’action taillé sur mesure, qui reprend sans trop se fatiguer la recette de l’agent vieillissant qui devra jongler entre ses obligations de machine à tuer et une vie de famille en pleine déroute. Au moins, Kevin Costner s’en sort plutôt honorablement de cet emploi très peu original, aussi parce qu’il réussit à faire exister la relation conflictuelle avec son ex-femme, interprétée par une Connie Nielsen toujours aussi charmante.

Hélas, le reste de 3 Days to kill s’avère tout de suite plus problématique. L’image hautement caricaturale de Paris que le film colporte n’aurait pas pu être plus risible, si la production avait été entièrement américaine. A commencer par une topographie urbaine parfaitement aberrante, qui donne le ton de l’incohérence géographique dès la balade en vélo vers le début du film, pendant laquelle le protagoniste fait visiblement plusieurs fois le tour de la ville avant de rentrer chez lui. Et à notre connaissance, la Cité Universitaire sert principalement de résidence pour les étudiants, qui ne s’y rendraient donc pas à la fin de leur journée de cours. Pareille imagination dans l’assemblage et la réinvention des lieux emblématiques de la capitale française pourrait être excusable, si elle était mise au service d’une logique narrative quelconque. Il n’en est malheureusement rien, puisque le passage en revue d’un grand nombre de monuments prend surtout l’allure d’un guide touristique débordant de clichés dans le cas présent.

L’écriture de Luc Besson, scénariste, n’est nullement plus fine du côté du contexte idéologique de l’histoire. Pour rester fidèle à son discours passablement réactionnaire, Besson ne lésine pas sur les poncifs culturels et familiaux. Alors que le point de vue narratif est déjà celui d’un étranger, symbole de l’ingérence clandestine des Etats-Unis dans les affaires d’autres pays, ce dernier se heurte soit à un style de vie laxiste à la française, affiché par exemple par ces flics qui préfèrent regarder un match de foot au lieu d’expliquer le concept de la trêve hivernale, soit à d’autres formes d’immigration, turque, malienne ou italienne, qui se soumettent volontairement à la suprématie armée de Ethan. Il y aurait de quoi rire face à une telle surcharge de préjugés, si le scénario ne tentait pas à son tour d’inclure un humour désagréablement bancal, notamment dans les échanges entre le tortionnaire et ses victimes, qui contribue à la banalisation condamnable de la violence.

Quant à la mise en scène de McG, elle laisse faire le scénario dans sa frénésie d’un regard faussement valorisant de Paris. Ce qui est peut-être tant mieux, vu comment le réalisateur a bâclé la grande séquence de réconciliation entre le père longtemps absent et sa fille, au fil d’une leçon d’apprentissage de vélo sur le parvis de Sacré-Cœur !

 

Vu le 1er avril 2014, à l’UGC Ciné Cité La Défense, Salle 5, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

Par Mulder 24/03/2014

3 days to kill est une comédie dramatique se passant dans la belle ville de Paris.  Elle met en scène un agent secret souffrant d’un grave maladie du cerveau et ayant décidé de se rapprocher de sa fille adolescente et de sa femme. Il les avait délaissées à cause d’un travail l’envoyant en mission dans le monde entier. Loin d’être un simple décalque de Taken co-écrit  également par Luc Besson remplaçant Liam Neeson par Kevin Costner,  Famke Janssen par Connie Nielsen et Maggie Grace par Hailee Steinfeld, le scénario permet de développer les personnages au lieu d’être une simple succession de scènes d’action époustouflantes. Certes de l’action il y en a mais ce n’est pas le moteur principal du film.

Il s’agit du troisième scénario de Adi Hasak (co-écrit avec Luc Besson) après celui du film Haute trahison de George Pan Cosmatos (co-écrit avec Ric Gibbs), From Paris With Love (également co-écrit avec Luc Besson). On reconnaît ainsi nettement son style scénaristique dans sa manière de revisiter un film d’action et sa volonté de surprendre le spectateur. Le réalisateur Joseph McGinty Nichol (McG) nous propose ainsi sur la base de ce scénario original son cinquième film (saga Charlie’s Angels (2000-2003), We are Marshall (2006), Terminator Renaissance (2009) et Target (2012)). Son nouveau film porte également sa patte par le choix des couleurs de certaines scènes et sa volonté de faire comme dans la série Chuck une comédie d’espionnage mettant parfaitement en scène des comédiens convaincants et de proposer autre chose qu’une simple redite de Taken.

Ainsi les spectateurs souhaitant découvrir un film d’action risque d’être assez déçu du résultat projeté. Les autres apprécieront cette comédie d’espionnage parfaitement huilée et permettant enfin de redécouvrir dans un premier  rôle l’un des meilleurs comédiens américains actuels. Comment ne pas reconnaître dans le personnage campé par Kevin Costner ce vrai américain passionné de « vrai » football, de country et tel un vieux cow-boy solitaire un justicier préférant utiliser son intelligence plutôt que son arme. Cet excellent réalisateur (Danse avec les loups (199), Open Range (2003) était revenu en 2012 en premier plan dans la courte série Hatfields & McCoys (2012) et avait campé d’excellents seconds rôles ces dernières années (The company Men (2010), Man of Steel (2013), et The Ryan Initiative (2014)). La principale réussite de ce film est d’avoir pu donner à ce comédien un rôle sur mesure et propre à son âge dans cette histoire, plus attaché aux ressentis de Ethan Renner, à son rapport avec sa femme et sa fille et de sa relation avec un agent trouble Vivi Delay (magnifique Amber Heard).

Ce film réussit ainsi à être l’hybride d’un film américain d’action et d’une comédie à la française reposant sur un casting attractif. Loin d’être un simple vidéoclip au montage hystérique, le réalisateur nous livre  une histoire pleine de sensibilité, de moments forts et montre notre belle ville de Paris sous un autre angle. Ainsi c’est la présentation de cette famille en crise le véritable moteur du film et non un thriller d’espionnage. Le film est en quelque sorte un film sur un super Héros Clark Kent et non sur Superman. Cette histoire s’attache donc plus à la vie privée d’un super agent plutôt de nous présenter uniquement ses missions successives. C’est cette approche complexe et originale qui peut expliquer que ce film n’ait pas rencontré aux Etats-Unis le même succès que Taken. Le public attendait un film d’action explosif et s’est retrouvé avec une comédie dramatique assez pessimiste sur un homme gravement malade tentant de réparer ses erreurs. Ainsi le personnage de Ethan Renner semble plus intéressé à expliquer comment faire du vélo à sa fille, comment bien choisir ses fréquentations plutôt que de dessouder des terroristes. On remarquera ainsi le curieux choix du film de nous montrer plutôt le résultat des scènes d’action (de combat) et  les victimes au sol que les scènes de combat par elles-mêmes.

Vu le 21 mars 2014 au Gaumont Disney Village, Salle 02, en VF

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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