I, Frankenstein
Réalisé par Stuart Beattie (2014)
| Durée | 93 minutes |
| Sortie | 29/01/2014 |
| Note | 7/10 |
Adam, la créature de Frankenstein, a survécu jusqu'à aujourd'hui, grâce à une anomalie génétique survenue lors de sa création. Son chemin l'a mené jusqu'à une métropole gothique et crépusculaire, où il se retrouve pris par une guerre séculaire sans merci entre deux clans d'immortels. Adam va être obligé de prendre parti et de s'engager dans un combat aux proportions épiques.
La critique
Par Mulder 23/01/2014
Réussir une bonne adaptation d’un comics est chose difficile tant il faut non seulement respecter l’essence du comics mais également le transcender par un scénario complexe, une réalisation sans faille, un casting en adéquation et des effets spéciaux remarquables. On comprend donc mieux seuls les personnages de DC Comics (Batman, Superman) et Marvel Comics (Amazing Spider-man, Avengers, Iron man, Thor, Captain America..) sont les seuls bénéficiant d’une transcription soignée. Ils permettent à de grands réalisateurs tels Christopher Nolan, Joss Whedon, Alan Taylor ou à regarder plus loin dans le temps Richard Donner et Tim Burton de s’exprimer et de renouveler la thématique. Alors que les autres éditeurs de comics ont du mal à voir leurs personnages traités avec soin comme l’insipide Spawn de Mark A.Z. Dippé, c’est très rare que nous puissions découvrir sur nos grands écrans une adaptation libre mais respectant l’œuvre originale. Chose encore plus rare est de voir une adaptation réussie d’un comics sans relief.
Du roman graphique publié en 2009 de Kevin Grevioux publié par Darkstorm en 2009, le réalisateur Stuart Beattie n’en garde que le concept soit faire de la créature de Frankenstein Mary Shelley un justicier solitaire protégeant les humains contre toutes sortes de démons. On notera également qu’un comics fut publié en septembre 2013 toujours par Darkstorm afin de servir de préquelle et de présenter au public américain les trois personnages clés du film soit Adam (aka la créature de Frankenstein), Naberius (le leader de la horde des démons) et Leonore (la reine de l’ordre sacrée des Gargouilles). Reprenant l’idée expliquant que pour faire fuir les esprits maniaques et démoniaques des églises, les gargouilles étaient placées en haut de ces bâtisses, le réalisateur et scénariste met en place de manière très réussie cette idée. Les forces du bien et du mal s’opposent donc de nouveau en mettant au centre de ces conflits l’espèce humaine.
Avant d’être depuis 2010 un réalisateur (Demain, quand la guerre a commencé), Stuart Beattie est surtout un scénariste reconnu de blockbuster salué par la critique (Collateral (2004), Australia (2008), G.I. Joe : Le Réveil du Cobra (2009)). L’un des éléments réussis de ce film est donc de reposer sur un scénario suffisamment fouillé et remplissant amplement la volonté des producteurs de créer une nouvelle saga. La saga Underwold était déjà une adaptation d’un comic-book de Kevin Grevieux. De même deux des producteurs (Tom Rosenberg,Gary Lucchesi) furent les producteurs de cette saga. De la même manière on retrouve également au casting l’acteur Bill Nighy déjà présent dans Underworld 1&2&3. Mais ce n’est pas uniquement l’influence de cette saga qui souffle sur ce film. En effet, ce long métrage vaut également par son ambiance et son personnage principal au film Van Helsing de Stephen Sommers mais en réactualisé et nettement plus rythmé.
La réussite du film tient également beaucoup à la présence d’Aaron Eckhart (Adam) et Yvonne Strahovski (Terra). Le premier après avoir été notamment l’excellent Harvey Dent dans Dark Knight (2008) et le Président des Etats-Unis dans La Chute de la Maison Blanche (2013) incarne un anti-héros qui devra malgré son bon vouloir intervenir. Nous ne sommes donc pas si loin du personnage de Snake Plissken de New York 1997 où le héros après avoir pu s’échapper d’un monde sans avenir se voit de nouveau contraint d’y replonger. La force du réalisateur est de réussir à construire un monde apparemment réaliste mais d’y injecter une dose de fantastique. Ceux familiers du monde de Underworld voire de la série culte Buffy contre les vampires se retrouveront donc dans un monde qu’ils connaissent bien. Aaron Eckhart est son contexte un excellent choix car il donne de l’épaisseur à son personnage par son excellente interprétation. Par rapport, le personnage de Terra perd en profondeur de trait ce qu’elle gagne en présence reposante. Yvonne Strahovski découverte dans l’excellente mais trop éphémère série Chuck et actuellement présente dans la huitième saison de Dexter est également parfaite dans son rôle de femme fragile et forte à la fois.
Enfin, le réalisateur n’oublie pas que pour réussir à rendre crédible une telle histoire, il faut non seulement s’appuyer sur un bon script, un bon casting mais également sur des effets spéciaux convaincants. Loin de ceux de Spawn qui avaient fait de cette adaptation d’un comics culte un échec autant artistique que commercial, ceux de de ce film témoignent malgré un nombre impressionnant et un recours à plusieurs studios d’effets spéciaux à un véritable soin homogène pour illustrer ce film.
Vu le 03 janvier 2013 à la Salle Metropolitan, en VO