Avant l'hiver
Réalisé par Philippe Claudel (2013)
| Durée | 102 minutes |
| Sortie | 27/11/2013 |
| Note | 6/10 |
Paul est un neurochirurgien de soixante ans. Quand on est marié à Lucie, le bonheur ne connaît jamais d’ombre. Mais un jour, des bouquets de roses commencent à être livrés anonymement chez eux au moment même où Lou, une jeune fille de vingt ans, ne cesse de croiser le chemin de Paul. Alors commencent à tomber les masques : les uns et les autres sont-ils vraiment ce qu’ils prétendent être ? La vie de Paul et Lucie est-elle celle dont ils avaient rêvé ? Qui ment et qui est vrai ? Est-il encore temps, juste avant l’hiver de la vie, d’oser révéler les non-dits et les secrets ? Où sont les monstres et qui sont les anges ?
La critique
Par Mulder 29/12/2013
Pour son troisième film scénarisé et réalisé Philippe Claudel retrouve Kristin Scott Thomas qu’il avait déjà dirigé dans son premier, Il y a longtemps que je t'aime (2008). Ce drame mettant en scène une famille d’une classe aisée dont le mari Paul, neurochirurgien de soixante ans heureux en mariage avec sa femme Lucie va rencontrer à plusieurs reprises une jeune fille d’une vingtaine d’année et d’un milieu populaire. Cette confrontation de deux milieux sociaux permet de faire une peinture sociale sur notre société actuelle. A mi-chemin, le drame devient thriller et arrive à nous surprendre par son scénario parfaitement maîtrisé. Philippe Claudel avant d’être un réalisateur est avant tout un écrivain et son scénario témoigne de son attachement à l’écriture.Ses onze livres lui ont valu de remporter le Prix Renaudot en 2003 et le Prix Goncourt des lycéens 2007.
Le langage de l’écriture et celui de l’image sont complémentaires et Philippe Claudel témoigne par ce film qu’il est aussi à l’aise dans l’écriture qu’à planter une atmosphère vénéneuse et surtout à diriger des comédiens. Avant l’hiver permet ainsi de retrouver non seulement Kristin Scott Thomas (Lucie) mais également Daniel Auteuil (Paul), Leïla Bekhti (Lou) et Richard Berry (Gérard) très convaincants dans leur rôle.
La réussite de ce film tient également tient donc à l’intelligence de cette mélancolie palpable tout au long du récit. Nous ne sommes donc pas loin de l’ambiance des films de Verneuil et de Sautet. Ce drame dans un milieu bourgeois change des films français que nous avons l’habitude de voir dans nos salles. Philippe Claudel semble donc rendre hommage à un cinéma d’un temps révolu post fin année 70, année 80. C’est en cela que ce film même si imparfait par sa volonté de privilégier l’ambiance que les scènes d’action typique des thriller actuels mérite d’être découvert.
Vu le 2 décembre 2013 au Gaumont Champs-Elysées Ambassade Salle 02, en VO