Au bonheur des ogres

Réalisé par Nicolas Bary (2013)

Comédie
Au bonheur des ogres
Durée 92 minutes
Sortie 16/10/2013
Note 7/10

Dans la tribu Malaussène, il y a quelque chose de curieux, de louche, d’anormal même diraient certains. Mais à y regarder de près, c’est le bonheur qui règne dans cette famille joyeusement bordélique dont la mère sans cesse en cavale amoureuse a éparpillé les pères de ses enfants. Pour Benjamin Malaussène, bouc émissaire professionnel et frère aîné responsable de cette marmaille, la vie n’est jamais ennuyeuse. Mais quand les incidents surviennent partout où il passe, attirant les regards soupçonneux de la police et de ses collègues de travail, il devient rapidement vital pour le héros de trouver pourquoi, comment, et surtout qui pourrait bien lui en vouloir à ce point-là ? 

La critique

Par Mulder 08/10/2013

En qualité de critique, il est de mon devoir de partir neutre à la découverte d’un nouveau film sans aucun à priori et surtout si possible sans avoir vu la bande annonce. Dans le cas d’un film français, j’ai rarement une excellente surprise car  très rarement je suis surpris par la qualité trop commerciale  et franchouillarde. Trop souvent actuellement, les réalisateurs tentent d’apporter de nouveaux concepts originaux et se contentent de singer leurs homologues américains. La plupart des comédies françaises actuellement me déçoivent car elles ne sont que de tristes caricatures. Pourtant et malheureusement très rarement de jeunes réalisateurs osent prendre des risques et surtout tentent l’impossible. En effet, ce livre réussit l’exploit de rendre vie au livre de Daniel Pennac et surtout de nous enchanter par les déboires de cette famille atypique.

Lorsqu’un jeune réalisateur et aussi co-scénariste (avec Jérôme Fansten) nous livre un conte moderne parfaitement maîtrisé, on ne peut qu’ aller dans son sens et l’encourager dans cette voie. Ainsi dès son premier film Les Enfants de Timpelbach en 2008, ce réalisateur avait témoigné d’un talent certain pour adapter un livre sur grand écran. Pour  son deuxième film, il bénéficie de plus de la présence d’un jeune comédien qui accède pour la seconde fois à un premier rôle Raphaël Personnaz (Marius) parfait dans son rôle de bouc-émissaire. Une grande partie de la réussite du film revient à sa force de conviction et surtout au fait qu’il rende son personnage si profondément humain. Le premier rôle féminin revient à Bérénice Bejo qui interprète une journaliste  surnommée  Tante Julia. Une fois de plus elle est parfaite dans son rôle d’aventurière au grand cœur et qui est prête à risquer sa vie pour que la vérité apparaisse. On retrouve aussi parmi ce casting haut en couleur : Guillaume De Tonquédec (Sainclair), Emir Kustirica (Stojil), Thierry Neuvic (Inspecteur Carrega), Melanie Bernier (Louna) et Alice Pol. Chacun des acteurs s’est totalement investi dans son rôle et le film  a pu bénéficier d’un réalisateur maîtrisant parfaitement sa direction d’acteurs. 

Le film s’attache à nous présenter et rendre crédible un grand magasin parisien tel Les Galeries Lafayettes et à nous présenter ce qui se passe aussi bien dans les rayons que dans les bureaux. Le film nous rappelle donc par bien des côtés les vieilles comédies en noir et blanc dont le personnage de Benjamin Malaussène en est le bouc-émissaire et surtout un rêveur tel Charlie Chaplin dans Les Temps Modernes.

Le fait que le réalisateur se soit basé sur la technique du story-board sur l’intégralité du tournage lui a permis de retranscrire parfaitement et donc d’obtenir l’aval de son auteur le livre dont le film est l’adaptation. Au bonheur des ogres n’est certes pas parfait car il y manque un peu plus  de fantaisie  qu’une girafe se baladant dans le magasin Au Bonheur Parisien (l’ancien magasin La Samaritaine a servi de local pour le film). Reste que le film a le mérite de nous divertir intelligemment et de bénéficier de la présence lumineuse de l’une des plus grandes actrices françaises Bérénice Béjo.

Vu le 02 octobre 2013, à la Salle Pathé Lamennais

★★★★★★★☆☆☆ 7/10

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