Quelle joie de vivre
Réalisé par René Clément (1961)
| Durée | 113 minutes |
| Sortie | 08/11/1961 |
| Note | 6/10 |
En 1921, l’orphelin Ulysse arrive à Rome, afin d’y effectuer son service militaire. Une fois démobilisé et sans le sou, il se fait engager par le parti fasciste, qui le charge d’une enquête sur une imprimerie qui distribue des tracts anarchistes. Ulysse ne met pas longtemps avant de la localiser et de trahir sa nouvelle affiliation politique, dans le but de rester près de la belle Franca, la fille du patron. Quand sa superchérie risque d’être découverte, il se fait passer pour Camposanto, un activiste de gauche venu à la capitale pour y perpétrer des attentats.
La critique
Par Tootpadu 26/03/2012
De même, les poseurs de bombes mal intentionnés n’ont sans doute jamais été décrits avec une telle désinvolture narrative. La mise en scène de René Clément n’a des yeux que pour le meilleur effet comique à tirer de ces quiproquos amusants, sans se soucier outre mesure de leur contexte idéologique. L’absence d’une prise de position claire, militante ou bien désapprobatrice à l’égard de la cause anarchiste, peut cependant aussi être interprétée tel un commentaire sur la tradition d’un certain cinéma moralisateur, qui éprouve l’irrépressible besoin de se dresser en instance morale face au moindre sujet de société. Le ridicule avec lequel les terroristes sont traités dans Quelle joie de vivre a de quoi surprendre cinquante ans plus tard, alors que la paranoïa collective s’est justement choisi cette menace comme point commun sur lequel focaliser toutes les peurs, à notre époque où les anciens repères d’inimité n’ont plus cours. Mais c’est précisément ce décalage d’appréciation d’un danger bien réel, qui fait toute la force de dérision du film.
Car après tout, les agissements clandestins d’Ulysse et de la famille joliment caricaturale qui l’a recueilli ne sont qu’un prétexte pour une histoire aux rouages aussi efficaces qu’ingénieux. La comédie à l’italienne y fonctionne à merveille et nous réjouit avec un divertissement à la fois insouciant et sarcastique, comme on n’en fait hélas plus de nos jours !
Vu le 26 mars 2012, au Champo, Salle 2, en VO