A Single shot

Réalisé par David M. Rosenthal (2012)

Thriller
A Single shot
Durée 115 minutes
Sortie 30/11/2012
Note 5/10

John Moon part à l’aube chasser dans la forêt aux alentours de son mobile home. Alors qu’il s’enfonce de plus en plus dans une réserve où la chasse est interdite, il vise un cerf sur lequel il tire plusieurs fois. John a raté sa proie, mais il a accidentellement touché et tué une jeune femme. Il la ramène dans son abris de fortune, un chantier abandonné, et cache son corps. Parmi ses affaires, il trouve une boîte contenant une forte somme d’argent. Alors que John espère éviter le divorce grâce à cette fortune inespérée, elle est au contraire le point de départ d’un sanglant règlement de comptes dans cette région reculée.

La critique

Par Tootpadu 01/09/2013

Il y a au moins une demi-douzaine de coups de feu qui sont tirés au cours de ce film sombre, au rythme pondéré. Mieux vaut donc ne pas prendre à la lettre son titre, qui fait référence à cette seule balle perdue par laquelle tout à commencé. L’étau qui se resserre autour du personnage principal, au fur et à mesure que ce qu’il cherchait à cacher à tout prix remonte à la surface, ne perturbe par contre nullement la lenteur flegmatique de la vie à la campagne américaine, caractéristique d’un milieu rural très dépouillé, qui nous a rappelé celui de Winter’s bone de Debra Granik, présenté il y a trois ans au festival de Deauville. Un véritable malaise se dégage de cet univers rustre, où l’identité de l’ennemi est au moins aussi floue que le sont les motivations peu nettes du protagoniste.

De cette pénurie de repères rassurants résulte un récit plutôt fascinant, qui peine cependant à faire preuve de vigueur. Le réalisateur David M. Rosenthal semble privilégier davantage un réalisme sans fard, qui serait poisseux s’il faisait plus chaud au cœur montagneux des Etats-Unis. Car c’est principalement la météo grisâtre qui donne le ton à A Single shot, toute froide et peu accueillante qu’elle se montre pendant la plupart de la durée de cette histoire aux coups de théâtre étrangement étouffés. Puisque son point de départ était un homicide par inadvertance, il paraît logique que les actes de violence que celui-ci entraîne revêtent un air moribond, quoique presque pudique dans leur description d’une folie tueuse sans justification, ni motivation concrètement palpable.

En somme, ceci est un film à l’image de sa distribution de seconds couteaux éprouvés : solide et pas sans mérite dans sa recherche esthétique d’une banalité campagnarde à mille lieues du pittoresque folklorique pour touristes, mais en même temps tellement terne qu’il demande un effort considérable pour s’en enthousiasmer.

 

Vu le 1er septembre 2013, au Casino, Deauville, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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