Turbo
Réalisé par David Soren (2013)
| Durée | 96 minutes |
| Sortie | 16/10/2013 |
| Note | 7/10 |
Turbo est un escargot qui n’a qu’un seul rêve en tête : être incroyablement rapide ! Son obsession pour la vitesse l’a rendu quelque peu impopulaire chez les siens, où lenteur et prudence sont de rigueur. Mais il est hors de question pour lui de se conformer. C’est alors que se produit un étrange accident qui lui donne soudainement le pouvoir de foncer à toute vitesse. Il s’embarque alors dans une aventure extraordinaire pour accomplir son invraisemblable destinée : courir contre le plus grand champion de course automobile, Guy La Gagne. Avec l’aide d’une équipe d’escargots aussi rusés que stylés, l’ultime outsider Turbo mettra tout son cœur – et sa coquille, pour prouver qu’aucun rêve n’est trop grand, aucun rêveur n’est trop petit.
La critique
Par Mulder 30/08/2013
Dreamworks animation a bien compris que pour conquérir un public leur film doit avoir différentes lectures et approches. Turbo est ainsi un excellent cru et nous livre un film d'animation de qualité et bourré de scènes et répliques cultes. Le studio a également compris l’importance de choisir des stars connues pour donner une voix aux personnages. Dans le cas présent, Ryan Reynolds , Paul Giamatti et Michael Pena sont parfaits dans leurs rôles.
Il fallait ainsi oser humaniser un escargot pour en faire un animal domestique capable de courir sur un circuit professionnel de course (Indianapolis 500). Tout d’abord, les escargots n’ont pas de mains ni de pieds ce qui accentue la difficulté pour un animateur car toutes les expressions doivent passer par le visage et surtout ici le regard des escargots. De plus, le film aurait pu devenir un vrai film d’horreur si du sel était utilisé sur les routes ou tombaient sur ceux-ci. Malgré ce risque maîtrisé et parfaitement exploité, les scénaristes se contentent trop facilement des emprunts multiples.
Le film suit donc l'exploit de cet escargot passionné de courses automobiles qui s’entraine pour pouvoir concourir. Suite à une mutation génétique (impossible de ne pas penser à Spider-man) en voyant ce film, Turbo va ainsi être capable de glisser à des vitesses prodigieuses. Turbo rappelle ainsi assez Nemo par le fait de rendre attachant une créature ordinaire et de remplir son contenu de citations et d'extraits. Il rappelle également beaucoup Cars par ses courses effrénées et ce milieu sportif des courses automobiles. On pensera aussi à des films comme le parrain, Retour vers le futur , Days of Thunder. Loin ainsi de donner une vision idyllique des américains, ce film ose plutôt les caricaturer au possible. Non seulement, les principaux humains sont des illustrations de l’Amérique profonde (vendeurs de tacos mexicains, grands-mères esthéticiennes, garagiste.. .) mais surtout leurs actions semblent par moment vidées de la moindre réflexion. Certes, le film n’est pas parfait pour autant car le scénario aurait gagné à faire monter un suspens plus prenant et à se concentrer sur moins de personnages mais à les développer plus. Reste que le réalisateur David Soren réussit son premier film en s’appuyant et contribuant au scénario de Darren Lemke et Robert D. Siegel.
Chose curieuse, on retrouve ainsi Robert D. Siegel scénariste du film The Wrestler parmi les trois scénaristes. On n’en doute pas un seul moment, il est le responsable de cette blague absurde répétitive ou un oiseau à plusieurs reprises emporte un des escargots. Ces scènes sont certes très amusantes et en même temps très dramatiques.
L'usage de la 3D n’ est pour une fois pas uniquement un argument marketing mais permet aux spectateurs de s'immerger totalement dans ces courses effrénées. Turbo réussit donc à nous distraire malgré ce sentiment de connaître déjà l’histoire et d’avoir à faire à une redite pixarienne d’un univers décalé.
Vu le 27 aout 2013 au Club de l’Etoile, en VO