A Very Englishman
Réalisé par Michael Winterbottom (2013)
| Durée | 101 minutes |
| Sortie | 19/06/2013 |
| Note | 5/10 |
La vie de l’homme d’affaires et imprésario de spectacles érotiques Paul Raymond. En 1958, il ouvre son premier club privé, le « Raymond Revue Bar », qui fait sensation dans le quartier de Soho. Son goût pour les femmes dénudées trouve une forme d’expression encore plus populaire – et décriée par la censure anglaise – à travers la revue masculine « Men only ». Du côté de sa vie privée, Paul Raymond a moins de succès, puisqu’il divorce plusieurs fois et qu’il n’arrive pas à empêcher sa fille adulée Debbie de devenir toxicomane.
La critique
Par Tootpadu 31/05/2013
Dans le cas de Paul Raymond, une célébrité peu connue en dehors des frontières du Royaume-Uni, à l’opposé de son contemporain et pendant américain Hugh Hefner, nous avons droit à une descente en règle et selon l’adage londonien dans l’univers de sexe, drogues et rock and roll. Au moins les deux premiers font en effet partie intégrante de la vie du personnage principal, même s’il ne s’identifie pas exclusivement à travers eux. Car aussi hédoniste et romantiquement instable Paul Raymond a-t-il été, ses vices lui ont au moins permis indirectement de faire fortune dans l’immobilier et de bousculer plus qu’un peu la pudibonderie britannique. L’impact moral de sa vie relève hélas de l’anecdotique dans le contexte d’un film, qui a l’air de se complaire davantage dans la représentation répétitive des orgies organisées par le protagoniste. Pour nous, il résulte de ces dernières avant tout la conviction qu’un style de vie caractérisé par une débauche permanente et toute forme de dépendance à la drogue mènent à la perte. Un constat amer et peu original qu’il n’était point nécessaire de nous rappeler, surtout par le subterfuge du dispositif éculé du retour en arrière à partir d’un moment charnière dans la biographie de Paul Raymond.
Enfin, notre envie de nous identifier à cet homme excessif et difficile à cerner est encore relativisée par l’interprétation de Steve Coogan. Tandis que son jeu plein d’autodérision était pour beaucoup dans la réussite de ses collaborations précédentes avec Michael Winterbottom, son approche plus sérieuse ici ne laisse que peu de marge de manœuvre à la mise en scène. Il accentue ainsi le côté tragique de son personnage, au détriment d’un regard plus irrévérencieux. Celui-ci aurait été sans doute plus loin de la réalité, mais il aurait pu mener vers un ton moins prévisible et platement respectueux à l’égard des conventions du genre que celui de ce film assez inégal.
Vu le 29 mai 2013, au Club Marbeuf, en VO