Soeur Sourire
Réalisé par Stijn Coninx (2009)
| Durée | 124 minutes |
| Sortie | 29/04/2009 |
| Note | 6/10 |
La jeune Jeannine Deckers, fille de pâtissier, ne rêve que de s'échapper avec sa cousine Françoise de l'emprise de sa mère haineuse. Après s'être essayée à la musique et au dessin, Jeannine décide finalement en 1959 de rentrer dans les ordres chez les dominicaines de Fichermont, contre la volonté de ses parents. Croyante mais rebelle, la soeur Luc-Gabriel a du mal à se faire à la vie dans le monastère. Elle attire l'attention de ses supérieurs avec sa musique, au point d'enregistrer une de ses chansons, "Dominique", qui devient instantanément un tube international.
La critique
Par Tootpadu 24/03/2009
Pour son plus grand bien, Soeur Sourire prend son temps dans l'évocation d'un parcours, dont le maître-mot pourrait être l'exclusion. Soeur Luc-Gabriel sous toutes ses identités ne paraît en effet jamais être tout à fait à sa place. Hostile à la morosité de la pâtisserie familiale, indécise sur la voie artistique à prendre, mal adaptée aux règles de privation du couvent, et finalement un anachronisme ambulant avec ses représentations de chansons édifiantes dans des bars canadiens mal famés, la religieuse frustrée ne trouve son bonheur nulle part. Cette insatisfaction accablante provient peut-être de son incapacité de s'assumer pour ce qu'elle est réellement, bien qu'il devienne vite apparent que Jeannine elle-même ne sait pas trop qui elle est au fond. Ou bien, son drame se base-t-il sur son entêtement de s'opposer aux structures sociales et morales (l'ordre religieux, l'église catholique, le fisc, sa mère, sa copine), contre lesquelles elle, en tant qu'individu indécis, n'a pas la moindre chance ?
En tout cas, ce film sur sa vie est très loin du regard enjolivé de Dominique de Henry Koster. Il fait aussi, et fort heureusement, l'impasse sur les effusions de larmes et autres cabrioles théâtrales, qui rendaient par exemple La Môme de Olivier Dahan aussi éprouvante. Le ton général du film et le traitement d'une vie riche en péripéties rappelle davantage Sagan de Diane Kurys et Coluche l'histoire d'un mec d'Antoine De Caunes. A la petite différence près que l'interprétation solide de Cécile De France n'atteint pas le même degré d'intensité que le tour de force d'une Sylvie Testud.
Vu le 23 mars 2009, au Club Marbeuf