Chanteur inconnu (Le)

Réalisé par André Cayatte (1947)

Drame
Chanteur inconnu (Le)
Durée 94 minutes
Sortie 25/04/1947
Note 5/10

Le forain français Fernand arrive avec son cinéma ambulant dans un petit village sur la côte portugaise. Lors d’une présentation musicale avant la séance, il est étonné d’entendre chanter Paolo, repêché de l’océan cinq ans plus tôt, qui a tout oublié de son passé. Fernand l’engage et fait de lui l’attraction principale de son spectacle. Le talent de Paolo ne tarde pas à être remarqué par le patron de Radio Monte Carlo, qui fait de lui une vedette mystérieuse des ondes radiophoniques : le chanteur inconnu.

La critique

Par Tootpadu 27/05/2013

Les films dont la raison d’être n’est rien d’autre que de mettre en valeur un chanteur ou une chanteuse brillent rarement par leurs qualités cinématographiques. Ce mélodrame de l’immédiat après-guerre ne fait point exception à la règle, puisqu’il se contente de relier quelques numéros de Tino Rossi, qui alterne ici entre l’opéra et une variété passablement désuète. Le seul commentaire social que l’on puisse éventuellement arracher au Chanteur inconnu est d’ailleurs la dégringolade culturelle du chanteur. Alors que le personnage faisait encore preuve d’une certaine exigence musicale avant son amnésie – et avant la guerre dont on ne voit aucune trace –, il finit à la merci de ses fans issus d’un milieu populaire, comme cette bonne qui n’arrive à tenir que grâce aux ballades très sentimentales qu’elle entend, même en cachette, à la radio. Pour le reste, l’intrigue est d’une trivialité presque consternante. Elle culmine dans un sursaut tragique qui anéantit définitivement le ton plus léger, de rigueur au début du film.
Entre le jeu insouciant de Raymond Bussières dans le rôle de Fernand, qui n’éprouve aucun mal à voler la vedette à Rossi, et la mise en scène plutôt empotée de André Cayatte, le récit reste indécis, pour finir par demeurer dans une moyenne plaisante, mais guère exceptionnelle, du cinéma français grand public de l’époque. Le dispositif de la caméra subjective, apparemment à la mode à ce moment-là puisque l’emblématique Dame du lac de Robert Montgomery allait sortir un an plus tard, ne contribue rien d’essentiel à une narration qui reste sobre, mais entièrement dépendante des revirements très conventionnels du scénario de Henri Diamant-Berger.

Vu le 26 mai 2013, à la Cinémathèque Française, Salle Jean Epstein

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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