Pop redemption
Réalisé par Martin Le Gall (2013)
| Durée | 95 minutes |
| Sortie | 05/06/2013 |
| Note | 5/10 |
Pour Alex, le black metal n’est pas qu’un style de musique, c’est un style de vie. Depuis l’adolescence, il forme avec ses trois meilleurs amis le groupe Dead MaKabés. Quinze ans plus tard et faute de succès, le groupe est sur le point de se séparer, quand Alex décroche une date de concert au Hellfest, le plus grand festival black rock de France. Afin de permettre à ses potes de s’échauffer sur la route, il a organisé une autre représentation dans un club en pleine campagne. Evidemment, leur musique extrême déplaît et les Dead MaKabés se font chasser. Ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers de la province, tellement moins amusants que le culte satanique dans lequel Alex excelle.
La critique
Par Tootpadu 14/05/2013
Hélas, Pop redemption ne se nourrit que d’une seule et unique forme de blague : le décalage entre les convulsions macabres de la bande de potes et la nécessité de mener une vie ordinaire, voire de faire profil bas dans le contexte on ne peut plus bucolique d’une fête de la fraise. Dès les premières minutes du film, quand la voix d’Alex, encore habitée par tous les démons de l’enfer quand elle crie de façon inintelligible dans le micro, devient sensiblement plus douce une fois qu’il s’agit d’exprimer son mécontentement par rapport au manque de professionnalisme de ses compères, cette confrontation sommaire de clichés commence. Le souci, c’est que le mode opératoire de la narration n’évolue point par la suite. Au contraire, le ton du film devient de plus en plus conciliant, jusqu’à ce que le prétexte d’un antagonisme entre les rockers coincés dans leur adolescence et leur entourage plus mature s’évapore dans une bonne humeur assez fade.
Au moins en tant que divertissement inoffensif, le film tient à peu près la route, grâce à une distribution sans prétention de dépasser les ambitions modestes de cette histoire guère originale. Car après tout, le cinéma populaire – et à plus forte raison son versant comique – a-t-il déjà cherché à faire autre chose que de colporter des lieux communs, afin de réconforter le public dans ses idées reçues sur le fonctionnement du monde ? La moquerie gentillette des écarts de la norme y sert de rappel prétendument salutaire, que toute résistance à une forme de vie formatée est inutile. On en pleurerait presque de tant de bons sentiments conformistes, si l’optimisme que le film dégage avec une certaine adresse ne nous aidait pas à faire passer la pilule.
Vu le 13 mai 2013, à la Salle Gaumont - Louis Feuillade