Repenti (Le)

Réalisé par Merzak Allouache (2013)

Drame
Repenti (Le)
Durée 87 minutes
Sortie 10/04/2013
Note 4/10

Après avoir passé cinq ans dans le maquis avec ses frères islamistes, Rachid rentre au village de ses parents en tant que « repenti ». Grâce à la loi de la concorde civile, il pourrait reprendre une vie normale, à condition de déposer ses armes et de s’enregistrer à la gendarmerie. Par peur des représailles, Rachid quitte la campagne et s’installe à la ville, où il travaille dans un café. Il entre en contact avec le pharmacien Lakhdar, qui était tombé victime des islamistes.

La critique

Par Tootpadu 04/04/2013

Le pardon n’existe pas dans ce film algérien, pas plus d’ailleurs que la rancune ou la vengeance. Car le nouveau film de Merzak Allouache se distingue, en mal, par une immense vacuité. Si Le Repenti cherchait à montrer que la réconciliation était impossible entre les terroristes ayant abandonné leur cause et une population civile meurtrie par une décennie de massacres, il y est bel et bien parvenu. Hélas, ce constat pessimiste s’est fait au prix d’un ennui mortel, à peine perturbé par quelques choix de mise en scène discutables. En dépit de toute la bonne volonté qu’on éprouve à l’égard d’un des réalisateurs les plus prolifiques et éclectiques du cinéma maghrébin en général, et de celui d’Algérie en particulier, cette fois-ci il s’est fourvoyé dans un cul-de-sac minimaliste duquel il trouvera difficilement une issue.
L’austérité du film ne se traduit nullement par de la pureté esthétique, mais par une banalité dépourvue du moindre attrait. L’intrigue rudimentaire met une éternité avant de démarrer réellement, quand le très léger suspense quant au lien qui unit Rachid et Lakhdar se concrétise. Malheureusement, il est déjà trop tard pour nous intéresser au déroulement d’une histoire stérile, qui en plus – quelle misère ! – culmine dans un plan d’ensemble à l’ambiguïté lâche. Bien longtemps avant cette conclusion, qui aurait pu avoir un effet de délivrance si nous avions encore plus détesté ce film, la narration nous garde à l’écart d’un groupe restreint de personnages, qui végètent plus qu’ils ne vivent. C’est peut-être parce que leur douleur intérieure est tellement sourde, au point de disparaître derrière leur indifférence totale, qu’ils nous inspirent précisément cette dernière.
Nous sommes toujours prêts à promouvoir un cinéma mi-engagé, mi-exigeant. Quand le traitement d’un chapitre épineux de l’Histoire récente prend cependant une forme si inintéressante que, pour une fois, la phrase standard de notre cher confrère Mulder, qu’il n’y a rien, convient parfaitement, il ne nous reste qu’à espérer que Merzak Allouache retrouvera rapidement ses moyens filmiques pour nous surprendre à nouveau, avec quelque chose d’aussi abouti que Harragas !

Vu le 2 avril 2013, au Club de l'Etoile, en VO

★★★★☆☆☆☆☆☆ 4/10

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