Sangre brota (La)

Réalisé par Pablo Fendrik (2009)

Drame
Sangre brota (La)
Durée 95 minutes
Sortie 29/04/2009
Note 5/10

Cette journée de travail d'Arturo, un chauffeur de taxi, ne commence pas comme les autres : un client suspect, McEnroe, oublie son portable dans la voiture et Arturo reçoit un message de son fils aîné, parti vivre aux Etats-Unis, qui lui demande d'urgence une forte somme d'argent. Mais la femme d'Arturo est plus préoccupée par le prochain tournoi de bridge que par les soucis d'argent de sa progéniture. En même temps, Leandro, le fils cadet d'Arturo, cherche à subtiliser les économies de ses parents, afin d'acheter de la drogue qu'il veut revendre sur la côte pendant l'été.

La critique

Par Tootpadu 21/04/2009

Le deuxième film du réalisateur Pablo Fendrik, dont le premier, L'Assaillant, est sorti il y a à peine six mois, a gardé l'esthétique brute et la structure temporelle ramassée de celui-ci. Il y est toujours question de la violence sourde qui éclate lorsqu'on s'y attend le moins. L'acteur Arturo Goetz y campe une fois de plus un homme apparemment respectable, qui est cependant capable d'actes qui mettent en branle les fondements mêmes de la société (le monde préservé de l'école dans le premier, les liens familiaux dans ce film-ci).
Pablo Fendrik commence logiquement de voir un peu plus grand avec son deuxième film. Mais l'élargissement du champ - une journée ici contre une matinée auparavant, ainsi qu'un groupe familial au lieu du mercenaire solitaire - ne lui réussit pas tout à fait. Tandis que la lente progression vers l'irruption de la violence chez Arturo intrigue, à cause de sa transformation inopinée du chauffeur de taxi discret, voire effacé, au monstre paternel devenu soudainement égoïste, les personnages annexes ne jouissent pas du même pouvoir de fascination. Que ce soit le fils adolescent ou la mère ingrate, le dysfonctionnement profond de la famille ne s'articule pas réellement autour d'eux. Il ne prend ses lettres de noblesse qu'à partir de ce chef de famille absent, qui vole au secours d'un jeune client brutalisé, mais qui est forcément incapable de nettoyer la mare de sang que son fils laisse, par sa faute, sur le sol de la cuisine.
Dans le cadre de cette fin de printemps décidément très argentine, avec les sorties de La Femme sans tête de Lucrecia Martel, El niño pez de Lucia Puenzo, et La Fenêtre de Carlos Sorin, La Sangre brota manque à nous enthousiasmer, tout comme la plupart de ses compatriotes. Le style nerveux de la mise en scène de Pablo Fendrik, qui fonctionnait assez bien pour accompagner un criminel pendant un temps réduit, mais qui montre clairement ses limites lorsqu'il faut orchestrer une journée trop riche en événements de plusieurs points de vue différents, ainsi que le ton sombre du film rendent ce dernier guère passionnant.
Enfin, le Club Marbeuf peut désormais rivaliser avec la salle de Lelouch pour sa mauvaise qualité de projection. Bien que ce film ait été tourné dans un format des plus communs, en 1.85, il nous a été projeté en 1.77, soi-disant à cause d'une erreur d'étiquetage de la part du distributeur. Comme résultat, une bonne partie droite du cadre a été rognée, ce qui était visible dès le générique de début. Nous considérons toujours inadmissible une telle charcuterie de la volonté artistique d'un réalisateur, surtout de la part d'une salle prétendument à la hauteur des exigences d'un public de professionnels !

Vu le 20 avril 2009, au Club Marbeuf, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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