Clip
Réalisé par Maja Milos (2013)
Drame
| Durée | 103 minutes |
| Sortie | 17/04/2013 |
| Note | 5/10 |
Jasna est une adolescente typique de la banlieue de Belgrade. Dès qu’elle peut, elle fuit le foyer familial où la maladie grave de son père l’accable, pour faire la fête avec ses amies. Secrètement amoureuse de Djole, un garçon de deux ans son aîné, elle fait tout pour le séduire, quitte à sombrer ensemble dans la drogue et le sexe déchaîné.
La critique
Par Tootpadu 28/03/2013
Nous avons beau ne pas nous considérer comme vieux, un fossé générationnel nous sépare pourtant des jeunes, de ces adolescents qui n’ont pas connu un monde sans moyens de communication virtuels ou mobiles. Rien que pour nous rappeler cette triste vérité, nous devrions être reconnaissants envers ce film serbe, qui met en même temps notre patience à rude épreuve. Il s’agit en effet d’un film qui embrasse si pleinement son sujet – des jeunes à la dérive entre les drogues et le sexe, des vices qui n’existent que s’ils sont filmés sans cesse par le téléphone portable – qu’il se soumet à lui un peu trop docilement à notre goût. Le rythme de Clip est ainsi celui de ces journées et de ces nuits oisives que Jasna et ses amies passent sans autre finalité que l’ivresse et la disparition des sentiments, c’est-à-dire un assemblage de vignettes plus ou moins crues, qui ne nécessite aucun effort de concentration particulier.
La banalité du quotidien transpire à travers chaque plan du premier film de la réalisatrice Maja Milos. Pour les personnages adolescents, la découverte de la vie adulte ne passe pas par une mise en question existentielle, mais par la mise en scène consciencieuse de la vulgarité qui est hélas monnaie courante dans l’imaginaire collectif. Le rêve d’une vie meilleure, loin du foyer lugubre où la mort ou – pire encore – la solitude rôde sans relâche, a laissé la place à une apathie émotionnelle qui ne connaît que la représentation publique. Même dans les moments qui, autrefois, étaient le berceau de l’intimité d’un couple, la performance prime par-dessus tout, quitte à frimer après auprès des copines avec les détails du sexe de l’amant manipulateur. Dans cette façon d’être sauvage et pourtant nullement naturelle, les parents n’ont guère droit de cité. Leur éducation laxiste est sans doute pour beaucoup dans les états d’âme fantomatiques de leur progéniture. Mais tant qu’ils se laissent berner par l’excuse récurrente d’aller réviser, plutôt que d’obliger les enfants pubères à prendre part à la vie familiale, ils récolteront les fruits ignobles qu’ils ont semés.
En dessous d’une surface hautement clinquante, des réflexions pas dépourvues d’intérêt sommeillent donc. A l’image de ces très rares irruptions de sentiments sincères, tout de suite camouflées à l’aide d’une autre virée nocturne, ponctuée par des vomissements, des fellations et des danses lascives, qui apparaissent aussi souvent les uns que les autres dans ce film entièrement dans l’air du temps. Sauf que cet air-là, artificiel et sans pudeur, ne nous convient pas vraiment.
La banalité du quotidien transpire à travers chaque plan du premier film de la réalisatrice Maja Milos. Pour les personnages adolescents, la découverte de la vie adulte ne passe pas par une mise en question existentielle, mais par la mise en scène consciencieuse de la vulgarité qui est hélas monnaie courante dans l’imaginaire collectif. Le rêve d’une vie meilleure, loin du foyer lugubre où la mort ou – pire encore – la solitude rôde sans relâche, a laissé la place à une apathie émotionnelle qui ne connaît que la représentation publique. Même dans les moments qui, autrefois, étaient le berceau de l’intimité d’un couple, la performance prime par-dessus tout, quitte à frimer après auprès des copines avec les détails du sexe de l’amant manipulateur. Dans cette façon d’être sauvage et pourtant nullement naturelle, les parents n’ont guère droit de cité. Leur éducation laxiste est sans doute pour beaucoup dans les états d’âme fantomatiques de leur progéniture. Mais tant qu’ils se laissent berner par l’excuse récurrente d’aller réviser, plutôt que d’obliger les enfants pubères à prendre part à la vie familiale, ils récolteront les fruits ignobles qu’ils ont semés.
En dessous d’une surface hautement clinquante, des réflexions pas dépourvues d’intérêt sommeillent donc. A l’image de ces très rares irruptions de sentiments sincères, tout de suite camouflées à l’aide d’une autre virée nocturne, ponctuée par des vomissements, des fellations et des danses lascives, qui apparaissent aussi souvent les uns que les autres dans ce film entièrement dans l’air du temps. Sauf que cet air-là, artificiel et sans pudeur, ne nous convient pas vraiment.
Vu le 28 mars 2013, au Club de l'Etoile, en VO
★★★★★☆☆☆☆☆
5/10