Jack Le Chasseur de géants

Réalisé par Bryan Singer (2013)

Fantastique
Jack Le Chasseur de géants
Durée 114 minutes
Sortie 27/03/2013
Note 6/10

Les contes sur d’effroyables géants, descendus de leur royaume céleste à l’aide d’un plant de haricot géant, ont bercé à la fois l’enfance de la princesse Isabelle et de Jack, fils d’un fermier pauvre. La légende reprend vie dix ans plus tard, quand Jack, venu en ville pour vendre son cheval, se voit confier un sachet de haricots magiques de la part d’un moine, qui les a dérobés à Roderick, le perfide conseiller du roi. Rentré bredouille à la ferme, Jack y accorde refuge à la princesse, qui s’est enfuie du château parce qu’elle refuse d’épouser Roderick. Alors que l’orage se déchaîne à l’extérieur, la maison est subitement soulevée par un plant de haricot géant. Tandis que Jack réussit à regagner la terre ferme, Isabelle est emportée sur la plante magique vers le ciel et l’univers des géants maléfiques.

Les critiques

Par Mulder 03/08/2013

Parmi tous les genres de films se retrouvant sur nos grands écrans, il y en a un de plus en plus rare qui est le conte fantastique. Bryan Singer ayant délaissé le temps d’un film la thématique des super héros DC et Marvel (X-men 1 et 2 et Superman returns) et le thriller (Walkyrie, Un élève doué et Usual suspects) nous livre donc un film fantastique assez décevant par son manque d’ambition. Aidé par quatre scénaristes (Darren Lemke, Christopher McQuarrie, Dan Studney et David Dobkin), il revisite ainsi pour son neuvième long-métrage ce conte britannique d’origine incertaine, mais n’arrive pas à retenir notre attention.

Force est de constater que même si le film n’apporte aucun élément nouveau et que Bryan Singer semble marcher sur les traces de Peter Jackson mais sans en avoir la même maîtrise de l’art de conquérir des terres ensorcelées, le film est une semi-déception. Cependant malgré une réalisation parfaitement maîtrisée, cette grosse production faisant la part belle à des effets spéciaux inégaux comporte un message optimiste par l’intermédiaire de ce paysan benêt transformé par amour pour une princesse en aventurier performant.

Bryan Singer semble vouloir apporter sa pierre fédératrice à l’édifice du cinéma populaire d’antan où ici les géants remplacent les dragons mais n’oublie pas d’apporter un humour salvateur pour illustrer ses propos. Pourtant, son univers semble bien limité par rapport aux films dans la même thématique qui l’ont précédé. De ces terres, on ne voit qu’une forteresse, un petit village et bien entendu le royaume des géants. Habitué à parsemer ses films d’effets spéciaux très spectaculaires, celui-ci ne semble être qu’une ébauche pour anticiper la création des Sentinelles de son prochain film tant attendu X-Men Days of Future Past. De plus, hormis les acteurs Nicholas Hoult et Ewan McGregor parfaitement inspirés et crédibles, les choix des autres acteurs semblent manquer cruellement de relief telle cette princesse Isabelle et ce félon de Roderick. De ce fait, ce qui aurait pu s’annoncer comme étant une nouvelle réussite de son réalisateur se retrouve être une baudruche trop gonflée et prête à exploser sous peine de mauvaise finition.

Vu le 1er avril 2013, au Gaumont Disney Village, Salle 11, en VF

Revu le 01 aout 2013 en Blu-ray en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

Par Tootpadu 21/03/2013

La tradition du conte, cette coutume ancestrale qui précédait la consommation effrénée d’histoires au cinéma et à la télévision, s’est hélas perdue au fil du temps. De nos jours, quand on parle de conte, on pense certainement à Harry Potter et ses aventures fantastiques ou, pire encore, à la variation adolescente de ses thèmes sous les traits de l’univers de Twilight. A moins de se résigner tout de suite au triste fait que des contes, il n’en reste aujourd’hui que d’improbables relectures modernes comme récemment Le Chaperon rouge de Catherine Hardwicke et Hansel & Gretel Witch Hunters de Tommy Wirkola. Peut-être la révolution numérique, qui a définitivement aboli la frontière entre la réalité et le rêve, a-t-elle aussi emporté avec elle notre capacité d’être sincèrement enchantés devant un conte ?
Le huitième film du réalisateur Bryan Singer ne se montre certes pas assez prodigieux pour rétablir cet équilibre malmené depuis si longtemps. Mais il accomplit un exploit guère moins méritoire : créer un divertissement familial à l’ancienne. Les péripéties du valeureux Jack et de sa princesse sans peur renouent en effet avec ces épopées d’une autre époque, qui cherchaient justement à être intemporels pour émerveiller leur public. En voyant Jack Le Chasseur de géants, nous pensons régulièrement à l’aisance du classique Les Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz et William Keighley, et pas seulement parce que le cabotinage joyeux de Stanley Tucci rappelle celui de Basil Rathbone dans un rôle comparable. Ces deux films dégagent le genre d’insouciance universelle et d’allégeance à une efficacité narrative à toute épreuve que l’on trouve hélas de plus en plus rarement.
Ce qui lui manque en personnalité, le film le rattrape haut la main en termes de solidité de son divertissement. Dommage alors que sa carrière américaine a été plutôt décevante. Espérons qu’il fera mieux à l’international, puisque de grosses productions aussi bien ficelées sont rares dans le contexte actuel d’un marché cinématographique, qui a la fâcheuse tendance de célébrer l’esbroufe formelle et la vacuité esthétique.

Vu le 19 mars 2013, au Paramount Opéra, Salle 3, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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