Lincoln
Réalisé par Steven Spielberg (2013)
| Durée | 150 minutes |
| Sortie | 30/01/2013 |
| Note | 6/10 |
En janvier 1865, sur fond d’une guerre civile qui dure depuis près de quatre ans, le président américain Abraham Lincoln s’apprête à commencer son second mandat. Avant cette date symbolique et surtout avant que les Etats du Sud ne demandent des pourparlers de paix, il compte faire adopter à la chambre des représentants le 13ème amendement à la constitution américaine, qui signifierait l’abolition de l’esclavage. Une vingtaine de voix de l’opposition manquent cependant à Lincoln pour entériner cette mesure phare de sa politique libérale. Pendant les quelques jours décisifs avant le vote, il emploie toutes les ruses politiques de rigueur à Washington pour les obtenir.
La critique
Par Tootpadu 19/02/2013
Le ton hautement solennel du film ne laisse certes aucun doute sur le caractère extraordinaire des événements relatés. Mais en même temps, il enferme le récit dans une posture cérémonieuse qui risque régulièrement de nous faire plonger dans le genre d’ennui bienveillant que provoquent chez nous les émissions instructives sur toujours les mêmes périodes historiques. L’Histoire en majuscules prend donc toute son ampleur ici, au détriment d’une narration à peine moins lénifiante que le rythme de vie pondéré de l’époque. Le scénario de Tony Kushner, aussi brillant dans la formulation de répliques à l’exigence littéraire hélas trop rare de nos jours qu’il est enclin à une théâtralité un brin poussiéreuse, nous donne ainsi un aperçu de la vie au cœur du pouvoir à ce moment charnier de l’Histoire américaine. Ce portrait très respectueux et très soigné n’arrive pourtant pas à nous faire vibrer au rythme des différentes étapes d’une bataille acharnée pour une cause profondément juste.
En somme, cette machine à Oscars qui a gravement calé avant la ligne d’arrivée est une fresque quasiment intimiste sur les coulisses de la Maison Blanche. Elle n’est par contre nullement du grand cinéma ! Pour cela, la mise en scène de Steven Spielberg se montre beaucoup trop sage et académique, même si nous reconnaissons une retenue tout à fait appréciable en termes de déraillements narratifs ou formels préjudiciables. Nous n’en avons retenu que trois : la courte séquence onirique au début, l’annonce de l’assassinat par l’intermédiaire du jeune fils traumatisé de Lincoln, et enfin l’apparition posthume de ce dernier à travers la flamme d’une bougie. Néanmoins, l’interprétation d’une intensité calme de Daniel Day-Lewis et celle, sensiblement plus expressive, de Sally Field dans le rôle de sa femme valent le détour dans ce film à la longueur discutable.
Vu le 19 février 2013, à l’UGC Ciné Cité Bercy, Salle 12, en VO