Strange Death of Adolf Hitler (The)
Réalisé par James Hogan (1942)
| Durée | 74 minutes |
| Sortie | 30/11/1942 |
| Note | 5/10 |
En 1942 à Vienne, Franz Huber vient d’être promu au poste de président du bureau des statistiques, qui sert essentiellement à réquisitionner les couvertures de la population civile, afin de les envoyer à l’armée allemande en guerre à Stalingrad. Huber n’est pourtant pas proche du parti nazi. Il se complaît même à imiter à la perfection la voix hautement reconnaissable de Hitler. Ce talent lui vaut les foudres du régime, puisque après avoir été dénoncé, Huber est arrêté par la Gestapo en plein dîner familial et déporté à Berlin. Pendant que l’annonce de son exécution pour trahison est rendue publique, les services secrets allemands lui font subir une opération de chirurgie esthétique, qui le transformera aussi physiquement en un sosie impeccable du führer.
La critique
Par Tootpadu 07/02/2013
Dix-huit mois avant le film routinier de James Hogan était sorti, dans l’indifférence générale, celui de Ernst Lubitsch que l’on considère désormais comme un chef-d’œuvre : Jeux dangereux ou To Be or not to be. La prémisse des deux films est vaguement comparable, c’est-à-dire de se servir de l’imposture pour nuire à l’occupant nazi, mais l’esprit sarcastique de la farce autour de la troupe de théâtre polonaise rend cette histoire-ci encore un peu plus simpliste. Le peu d’humour qu’on peut y trouver tire toute sa raison d’être du rapport indirect avec l’écriture brillante chez Lubitsch, tandis que le ton est à la base plutôt grave et pessimiste, en gros en phase avec un climat international fortement instable et imprévisible. Car en dépit d’une conclusion qui montre pour la première fois un certain goût pour l’ironie, rapidement relativisée toutefois par l’interprétation prémonitoire qu’en fait le membre de la résistance, ce n’étaient alors que les cinéastes les plus téméraires, comme Ernst Lubitsch justement, qui osaient réellement tourner en dérision le maître heureusement temporaire de l’Europe. Rétrospectivement parlant, l’approche tendancieuse d’un film bon marché comme celui-ci peut donc faire sourire. Elle n’est pourtant pas plus opportuniste que celle de Quentin Tarantino, qui s’est permis de réécrire l’Histoire soixante-cinq ans après les faits.
Vu le 6 février 2013, à la Cinémathèque Française, Salle Georges Franju, en VO