As if I am not there
Réalisé par Juanita Wilson (2013)
| Durée | 106 minutes |
| Sortie | 27/02/2013 |
| Note | 5/10 |
En 1992, Samira quitte ses parents et sa sœur à Sarajevo, afin de prendre ses fonctions en tant qu’institutrice dans un petit village dans les montagnes bosniennes. La quiétude de la vie à la campagne est anéantie au bout de quelques jours, quand des soldats envahissent le village. Ils exécutent les hommes et emmènent les femmes et les enfants dans un camp de prisonniers lointain. D’abord empressée à venir en aide aux plus faibles, Samira devra apprendre à ne compter que sur elle-même, quand elle est enfermée dans une maison à part, réservée aux femmes qui sont régulièrement violées et maltraitées par les soldats. Son quotidien infernal s’améliore à peine, lorsque le capitaine la choisit comme sa maîtresse attitrée.
La critique
Par Tootpadu 28/01/2013
Les femmes ont beau avoir désormais le droit de livrer bataille en première ligne dans l’armée américaine, elles sont la plupart du temps les premières à subir les sévices d’un ordre social en pleine décomposition. Le viol systématique fait partie de ces atrocités en temps de guerre qui sont facilement cantonnées dans des statistiques aseptisées, afin de ne pas nous inquiéter outre mesure avec la souffrance insoutenable qui accompagne chacun de ces actes de barbarie. La principale qualité du premier film de la réalisatrice Juanita Wilson est par conséquent un regard dépourvu de complaisance sur ces séances de dépravation des mœurs, où la dignité des femmes est anéantie sans ménagement.
Hélas, le reste de As if I am not there adopte précisément le parti pris formel inverse, c’est-à-dire une narration consensuelle et fade, qui n’oublie aucun passage obligé de ces drames sur l’injustice sans appel, mais qui les traite avec une indifférence et un goût prononcé pour le cliché éculé. Appuyé lourdement par une bande originale des moins subtiles, le récit enchaîne les épreuves du personnage principal, sans que le sort de Samira ne nous touche réellement. A force de vouloir l’ériger en exemple pour toutes ces femmes maltraitées dont personne ne parle, la mise en scène la rend parfaitement interchangeable et inintéressante. La structure rapiécée du scénario contribue de surcroît à rendre le périple de cette institutrice, qui ne sait jamais se défaire complètement de son aura d’une innocence effarouchée, plus pertinent qu’une somme de poncifs, agencée sans la moindre ingéniosité.
Vu le 21 janvier 2013, à la Salle Pathé Lincoln, en VO