Gloire et la peur (La)
Réalisé par Lewis Milestone (1959)
Guerre
| Durée | 98 minutes |
| Sortie | 26/06/1959 |
| Note | 6/10 |
En avril 1953, alors que la guerre de Corée en est à sa troisième année, les pourparlers de paix entre les Américains et les Chinois sont au point mort à Panmunjom. Le lieutenant Clemons et ses hommes de la compagnie King sont envoyés pour reprendre à l'ennemi la montagne Pork Chop, située sur la probable ligne de démarcation.
La critique
Par Tootpadu 27/05/2008
En 1959, le public américain s'était à peine remis du semi-échec de la guerre de Corée, sans se douter de la misère que son pays allait connaître peu de temps après au Viêt Nam. Cette lassitude de la guerre se ressent dans ce récit très solide sur un des épisodes du conflit, victorieux pour les Américains, mais aucunement glorieux. Lewis Milestone y démontre une dernière fois à quel point il maîtrise le genre qui l'avait rendu célèbre un quart de siècle plus tôt, grâce à A l'ouest rien de nouveau. Et Gregory Peck, en héros humaniste irréprochable, y a le droit de douter de ses propres ordres et de montrer un minimum de faiblesse.
En effet, La Gloire et la peur est tout sauf un film de propagande simpliste. Il s'efforce bien au contraire de dénoncer les rouages défaillants de l'appareil militaire, qui rendent chaque aspect de la guerre incroyablement absurde et cynique. A travers les interventions sonores régulières de l'agent chinois, censées démoraliser les troupes américaines, les erreurs de communication de celles-ci, et dans l'ensemble le moral plutôt abattu, voire contestataire, des soldats, un portrait peu flatteur de la guerre se profile. Faute d'objectif plus noble ou d'alternative viable, il s'agit pour ces hommes en bas de l'échelle hiérarchique de l'armée de tenir cette colline coûte que coûte, peu importe son absence d'importance stratégique. Seule la conclusion un brin trop solennelle confère au film un ton héroïque, qui est démenti par la désillusion ambiante qui la précède.
La Gloire et la peur n'est ni le premier, ni le dernier film de guerre qui traite de l'assaut impossible d'une montagne tenue par l'ennemi. S'il lui manque la poésie de La Ligne rouge de Terrence Malick, il sait pourtant transcrire le chaos d'une telle opération avec la même férocité et le même manque de pathos.
Enfin, de très nombreux acteurs, qui ont connu des degrés de célébrité variables par la suite, font ici leur modeste apparition : Rip Torn, Harry Dean Stanton, Martin Landau, Robert Blake, et Bert Remsen.
En effet, La Gloire et la peur est tout sauf un film de propagande simpliste. Il s'efforce bien au contraire de dénoncer les rouages défaillants de l'appareil militaire, qui rendent chaque aspect de la guerre incroyablement absurde et cynique. A travers les interventions sonores régulières de l'agent chinois, censées démoraliser les troupes américaines, les erreurs de communication de celles-ci, et dans l'ensemble le moral plutôt abattu, voire contestataire, des soldats, un portrait peu flatteur de la guerre se profile. Faute d'objectif plus noble ou d'alternative viable, il s'agit pour ces hommes en bas de l'échelle hiérarchique de l'armée de tenir cette colline coûte que coûte, peu importe son absence d'importance stratégique. Seule la conclusion un brin trop solennelle confère au film un ton héroïque, qui est démenti par la désillusion ambiante qui la précède.
La Gloire et la peur n'est ni le premier, ni le dernier film de guerre qui traite de l'assaut impossible d'une montagne tenue par l'ennemi. S'il lui manque la poésie de La Ligne rouge de Terrence Malick, il sait pourtant transcrire le chaos d'une telle opération avec la même férocité et le même manque de pathos.
Enfin, de très nombreux acteurs, qui ont connu des degrés de célébrité variables par la suite, font ici leur modeste apparition : Rip Torn, Harry Dean Stanton, Martin Landau, Robert Blake, et Bert Remsen.
Vu le 26 mai 2008, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO
★★★★★★☆☆☆☆
6/10