Un tueur dans la foule
Réalisé par Larry Peerce (1977)
| Durée | 117 minutes |
| Sortie | 06/04/1977 |
| Note | 5/10 |
La foule se presse dans le stade de Los Angeles, afin d’y assister à la rencontre dominicale entre l’équipe de football américain locale et celle de Baltimore. A ce match d’envergure assistent de nombreux invités prestigieux du propriétaire de l’arène sportive Sam McKeever. Le président américain en personne pourrait s’y rendre. Alors que les plus de 90 000 spectateurs vivent fiévreusement les premières minutes du match, le dirigeable qui survole le colisée californien envoie des images préoccupantes à la régie de la chaîne en charge de la retransmission : un sniper s’est installé dans un espace difficile d’accès au dessus du tableau d’affichage. Rapidement alerté, le capitaine de police Peter Holly fait appel à l’unité d’élite du sergent Button. Celle-ci doit être prête à intervenir avant que le tireur mystérieux ne commette un bain de sang.
La critique
Par Tootpadu 21/12/2012
Heureusement, le rythme s’intensifie sensiblement, dès que la police tente d’appréhender le suspect sans déclencher une panique. Les méthodes d’intervention peuvent certes faire sourire trente-cinq ans plus tard, par leur caractère archaïque ou en tout cas peu sophistiqué dans l’emploi d’outils de surveillance bien sûr point aussi performants qu’en notre ère numérique. Mais de l’agitation effréné des forces de l’ordre découle un certain mélange entre le réalisme et l’impuissance, qui prépare plutôt adroitement le terrain pour une finale mi-grandiose, mi-grandiloquente. Car si l’antagoniste – à la qualité machiavélique basée principalement sur son anonymat et l’absence d’un motif apparent – a surtout su tenir en haleine les différents services de police pendant le match, dont les enjeux sportifs deviennent par ailleurs vite secondaires, il ne se prive pas de créer un chaos sans précédent à son issue.
La panique déclenchée par les premiers tirs compte en effet parmi le genre de spectacle nihiliste que le cinéma hollywoodien n’affectionne pas normalement. Le désordre total qui s’empare de la foule anéantit en quelques secondes tous les efforts d’isolement entrepris jusque là par la police, qui doit observer hébété comment des dizaines de personnes sont piétinées et écrasées par les mouvements incontrôlés de la masse des supporters. La peur viscérale qui anime dès lors le récit se situe à l’opposé de la gestion méthodique et à l’esprit posé qui cherchait à maintenir le statu quo auparavant, comme si la nature sauvage de l’homme prenait le dessus sur ses velléités civilisées.
Le constat final nous épargne par conséquent tout attendrissement sur le nombre de victimes de cette folie meurtrière. Il opte davantage pour le genre de mise en garde désabusée, qui avait déjà clos deux ans plus tôt La Tour infernale de John Guillermin, malgré tous ses défauts un film plus poignant et divertissant que celui que le réalisateur Larry Peerce nous a assez mollement concocté ici.
Vu le 20 décembre 2012, à la Cinémathèque Française, Salle Henri Langlois, en VO