Main dans la main
Réalisé par Valérie Donzelli (2012)
| Durée | 85 minutes |
| Sortie | 19/12/2012 |
| Note | 6/10 |
Joachim Fox habite en province, à Commercy, chez sa sœur Véro avec laquelle il s’entraîne pour un concours de danse amateur. Un jour, il monte à Paris pour son travail de miroitier. Mais au lieu de mesurer les glaces de l’Opéra Garnier, il y tombe sur Hélène Marchal, la directrice de l’école de danse. Pris par un coup de foudre, il donne un baiser furtif à cette artiste aigrie et sensiblement plus âgée que lui. Dès lors, une force étrange oblige Hélène et Joachim de rester physiquement inséparables, au grand dam de Constance, la compagne de Hélène, et de Véro, qui voit d’un mauvais œil que son frère s’installe à Paris et qu’il néglige leurs répétitions.
La critique
Par Tootpadu 11/12/2012
Aussi inclassable que les deux films précédents de la réalisatrice, Main dans la main titille ponctuellement notre engouement avant de passer à autre chose. Est-ce une comédie musicale enjouée qui fait la part belle à la danse ou bien une satire sociale qui se moque grassement du décalage entre l’arrogance pincée de la culture officielle et les goûts forcément plus ringards des personnages provinciaux ? Sommes-nous censés sourire de la contrainte qui oblige le couple involontaire de se côtoyer jour et nuit ou bien est-ce simplement la répétition avant une vie commune plus pragmatique au cours de laquelle ces amoureux improbables partageront les moments de joie et de peine – puisque l’histoire effectue une fois de plus un détour par l’hôpital ? Comme d’habitude, la mise en scène laisse libre cours à notre volonté de compréhension et d’appréciation des drôles de choses qui arrivent à Hélène et Joachim.
Ce film ne nous permet donc pas de mieux cerner le véritable talent de Valérie Donzelli. Derrière ses airs de pilleuse du trésor formel de la Nouvelle Vague, encore à l’œuvre ici par le biais de ces prises artisanales de la vie à la campagne et des vues depuis le train, c’est en tout cas une réalisatrice très adroite dans la création d’un charme fou. Quoiqu’il en soit, sa collaboration continue avec son compagnon Jérémie Elkaïm, particulièrement séduisant dans l’interprétation d’une chanson de Gershwin en langue des signes, lui vaudra toute notre bonne volonté, en attendant que sa voix cinématographique gagne en personnalité.
Vu le 6 décembre 2012, à la Salle Pathé François 1er