Dragon Gate La Légende des sabres volants

Réalisé par Tsui Hark (2013)

Aventure
Dragon Gate La Légende des sabres volants
Durée 122 minutes
Sortie 26/06/2013
Note 5/10

A la fin de la dynastie Ming, les eunuques des bureaux de renseignements de l’Est et de l’Ouest sont opposés dans une guerre d’influence féroce. Tandis que le révolutionnaire Zhao a démasqué et assassiné la plupart des hauts dignitaires de l’Est, Yu, un confident de la concubine principale de l’empereur, cherche à asseoir son règne sur l’Ouest. Pour le faire, il devra éliminer toutes les femmes qui portent un enfant du roi. La dernière rescapée a pu gagner la campagne, où un imposteur, qui se fait passer pour Zhao, lui vole au secours contre les troupes impériales. Ensemble, ils se rendent à l’auberge de la Porte du Dragon, suivis de près par le véritable Zhao, ainsi que par Yu et ses hommes. Alors qu’une gigantesque tempête de sable menace l’escale, un groupe de bandits y trouve également refuge.

La critique

Par Tootpadu 19/11/2012

Aucun genre a perdu davantage son autonomie esthétique sous l’emprise de l’ère numérique que les films de sabre asiatiques. Alors que le cinéma d’action américain a su s’adapter au déluge des effets spéciaux désormais sans limites qui ont révolutionné ses modes de production depuis bientôt une vingtaine d’années, le genre vénérable des Wu xia pian s’y est soumis sans condition pour devenir hélas l’exemple à ne pas suivre. L’avènement du cinéma en relief nouvelle génération ne fait qu’accentuer encore cette perte de toute cohésion formelle, même entre les mains d’un réalisateur aussi chevronné que Tsui Hark. Ainsi ce deuxième remake du classique de King Hu souffre considérablement des excès visuels, qui retiennent encore un certain air majestueux lors du vol à travers le port en guise de générique, mais qui deviennent carrément risibles au moment de l’affrontement final en plein cœur d’une tornade.
Cette dépendance des effets ostentatoires et fantaisistes s’opère surtout au détriment d’une intensité narrative, même pas au rendez-vous quand les différents fils d’une intrigue assez complexe se rejoignent dans l’auberge. La mise en scène nous permet tout juste de suivre les bifurcations de plus en plus aberrantes de l’histoire sans nous y perdre. Quant aux implications politiques, voire historiques de cette épopée qui aurait pu être grandiose, elles passent à la trappe au profit d’un vocabulaire visuel qui recherche l’esbroufe au lieu de l’émerveillement.
Pas grand-chose à retenir donc de ce succès commercial en Chine, qui ne trouvera a priori même pas son chemin jusque sur les écrans français, ce qui n’est pas un crime en soi. La chose beaucoup plus regrettable, c’est qu’un genre qui véhiculait autrefois la vivacité des contes légendaires dans les couleurs les plus riches et les mouvements les plus amples, se trouve désormais réduit à une convulsion de moyens techniques nullement employés à bon escient. Enfin, la présence anecdotique de Jet Li et celle du séduisant Chen Kun ne suffisent pas pour conférer un peu de saveur à ce deuxième ratage de suite pour Tsui Hark, qui nous avait pourtant habitué à un maniement du sabre moins grandiloquent.

Vu le 18 novembre 2012, au Paramount Opéra, Salle 2, en VO

★★★★★☆☆☆☆☆ 5/10

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