Age atomique (L')
Réalisé par Héléna Klotz (2012)
| Durée | 67 minutes |
| Sortie | 28/11/2012 |
| Note | 4/10 |
Un samedi soir, Victor et Rainer montent ensemble en train à Paris. Les deux adolescents vont dans une boîte branchée, le premier pour y trouver la fille de ses rêves, le deuxième pour repousser les avances des garçons qui ne lui disent rien. A la sortie, ils se font provoquer par Théo, un jeune salarié arrogant. Avant de repartir en banlieue, Victor tente une dernière manœuvre de séduction auprès d’une fille qui traîne à la gare. Mais il ne souhaite pas abandonner Rainer et les deux amis s’enfoncent dans les bois, en empruntant un raccourci pour rejoindre la maison de Victor.
La critique
Par Tootpadu 18/11/2012
Car le seul détail qui contribue d’une façon constructive au projet artistique qu’était sans doute L’Age atomique, c’est la bande son concoctée par Ulysse, un autre rejeton de la famille Klotz. A travers une coulisse sonore vaguement ésotérique, voire carrément dépaysante avec ces extraits des discours des présidents américains des années 1980, il élève le film au niveau d’un vagabondage enchanteur à Paris, la nuit. Hélas, le scénario se fourvoie dans la direction opposée, vers des répliques lourdes de sens et artificielles et un regard sur la jeunesse qui n’aurait pas pu être plus tortueux. Les affres de l’adolescence s’y manifestent, tant bien que mal, avec une telle affection pseudo-intellectuelle et pseudo-bourgeoise, que le sort des deux personnages principaux, dont le véritable degré d’attirance reste toujours en suspens, nous indiffère complètement dès leur descente du train.
Entre la complicité enjouée de la première séquence et la déclaration d’amour plutôt abstraite de la dernière, avant les errements au petit matin pendant le générique de fin, il ne se passe en effet rien entre Victor et Rainer, qui donnerait matière à une quelconque évolution dramatique. Peu importe qu’ils soient amis ou amants, la mise en scène de Héléna Klotz est bien trop préoccupée à enchaîner les rencontres anodines au faux-parler pénible et aux divagations existentielles, pour attacher de l’importance au développement organique de ses personnages, qui restent du coup des stéréotypes presque risibles d’une adolescence en crise.
Vu le 15 novembre 2012, au Club Marbeuf