Sur le chemin des dunes

Réalisé par Bavo Defurne (2012)

Drame
Sur le chemin des dunes
Durée 98 minutes
Sortie 05/12/2012
Note 6/10

A la fin des années 1960, Pim vit seul avec sa mère Yvette dans une petite ville sur la côte belge. Alors que Yvette multiplie les rencontres dans le bar « Texas », son fils s’imagine en reine de beauté, comme sa mère l’a été autrefois. Pim ne trouve un semblant de normalité que dans la famille de son meilleur ami Gino, légèrement plus âgé que lui, dont la sœur Sabrina est amoureuse de lui. Or, Pim préfère passer son temps avec Gino, qu’il désire en secret. Pour son plus grand bonheur, Gino éprouve les mêmes sentiments pour lui. Les deux adolescents vivent quelques mois en parfait harmonie, jusqu’à ce que Gino quitte le foyer familial pour s’installer en couple avec Françoise à Dunkerque.

La critique

Par Tootpadu 07/11/2012

Le cinéma belge a la réputation d’être toujours un peu bizarre ou extravagant, comme si nos voisins du nord ne nous envoyaient que des énergumènes comiques de la trempe de Yolande Moreau, Bouli Lanners et Benoît Poelvoorde. Le premier film de Bavo Defurne se défait rapidement de cette obligation tacite de faire dans l’humour gras, puisqu’il limite le côté caricatural de l’histoire aux personnages dispensables de la mère de Pim et de l’amant de celle-ci, par ailleurs la seule proposition de vie dans Sur le chemin des dunes à ne représenter aucun avantage. Car avant d’être une énième histoire sur la découverte et l’acceptation de l’homosexualité pendant cette période difficile qu’est l’adolescence, ce film est un portrait humain touchant, investi d’une sincérité et d’une chaleur qui compensent largement une faiblesse sensible en termes de passion romantique.
La souffrance que le protagoniste doit éprouver à cause de sa différence n’est jamais vraiment au cœur de l’intrigue. Nous ne voyons jamais Pim à l’école ou dans un contexte social plus vaste que le cercle familial ou son foyer de substitution chez Gino et Sabrina, où son orientation et sa nature de rêveur feraient de lui une proie facile pour des brimades, surtout à la campagne et il y a près de cinquante ans, quand l’affirmation de l’identité gaie en public n’en était qu’à ses balbutiements. Cantonné dans son intimité, ce jeune homme sensible devra traverser une série de hauts et de bas, de moments de jouissance et de tragédies du rejet, avant de devenir non pas un pédé militant et sectaire, mais plutôt un homme adulte qui ne laissera plus son existence être déraillée par des désirs puérils. La narration nuancée nous permet de suivre ce trajet d’apprentissage sans effusion d’eau de rose inutile. Elle l’inscrit au contraire dans un environnement dramatique, dont la diversité des personnages secondaires – à l’exception du couple improbable précité – enrichit ce qui n’aurait été autrement qu’une nouvelle ballade triste sur la solitude des jeunes homos en province.
Dans sa note d’intention reprise dans le dossier de presse du film, le réalisateur affirme que le réalisme social ne l’intéresse pas. Il dit vrai, sauf qu’il le remplace par une forme de naturalisme un peu trop chargé en symboles. Ainsi, remplacer l’acte sexuel par l’image du vent dans les roseaux devient à la longue presque aussi pénible que le motif récurrent des objets qui tombent des placards que Pim ouvre à intervalles irréguliers. Toutefois, ce ne sont là que de rares maladresses de débutant au sein d’un film, qui prouve sinon que le cinéma gay, délicat et guère revanchard, a encore de beaux jours devant lui.

Vu le 7 novembre 2012, au Latina, Salle 2, en VO

★★★★★★☆☆☆☆ 6/10

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