Belgica

Belgica
Titre original:Belgica
Réalisateur:Felix Van Groeningen
Sortie:Cinéma
Durée:127 minutes
Date:02 mars 2016
Note:

Jo et Frank sont frères, et comme souvent dans les familles, ces deux-là sont très différents. Jo, célibataire et passionné de musique, vient d’ouvrir son propre bar à Gand, le Belgica. Frank, père de famille à la vie bien rangée et sans surprise, propose à Jo de le rejoindre pour l’aider à faire tourner son bar. Sous l'impulsion de ce duo de choc, le Belgica devient en quelques semaines the place to be…

Critique de Mulder

Belgica, le nouveau film du réalisateur belge Felix Van Groeningen (La Merditude des Choses (2009), Alabama Monroe (2012)) capte parfaitement toute la vie mouvementée au sein de cette boite de nuit du nom homonyme. En suivant le rapport entre ses deux frères Frank (Tom Vermeir) et Jo (Stef Aerts) le film capture la dualité de ces deux hommes au comportement différent et s’investissant totalement dans le bon fonctionnement de leur bar. Après avoir obtenu le césar du meilleur film étranger en 2014 avec Alabama Monroe, le réalisateur a ainsi pu s’atteler plus facilement à l’écriture et à la réalisation d’un film nettement plus personnel. Sa collaboration avec le groupe Soulwax renforce ainsi l’atmosphère de ce lieu de perdition qu’est devenu ce night club acceptant tout le monde au détriment d’une sécurité guère renforcée.

Il serait assez facile de rapprocher ce film à ceux du réalisateur Nicolas Winding Refn, cette même manière d’aborder le cinéma, de donner des personnages fragiles et remplis de contradictions. Pourtant le réalisateur a ses propres manières d’exorciser ses démons notamment par son écriture lors du scénario et sa manière de filmer ses personnages. Nettement plus proche du personnage de Jo, on sent réellement que ses deux frères ont été construits comme étant la double face d’un même personnage. Les qualités de Jo sont ainsi à contrario des défauts de Frank. Indissociable ses deux frères vont au fur et à mesure de l’évolution de Belgica arriver à se détacher complètement et à ne plus se comprendre.

Loin d’être un film facile relatant sans encombre la vie des différents personnages rattachés à ce night-club, l’histoire donne une vision plus abrupte de notre société actuelle. Rien ne semble ainsi gagné totalement et les relations humaines sont de plus en plus difficiles et amènent des tensions néfastes. Belgica qui a remporté le prix de la meilleure réalisation dans la catégorie World Dramatic competition lors du festival de Sundance cette année consacre bien ce réalisateur préférant rester libre de ses propres créations dans un cinéma qui se veut indépendant plutôt que de réaliser des commandes pour les grands studios (son prochain film Beautiful boy sera produit par plan B la boite de production de Brad Pitt).

La parfaite utilisation de la musique tout au long du récit renforce totalement notre immersion dans ce film violent et sincère à la fois. On reconnaît dans ce film toute la vitalité du cinéma indépendant qui ne cherche pas forcément à plaire mais à donner de la profondeur à ses personnages et à nous livrer une histoire différente. En rendant hommage à son père qui tenait un night club à Gent, le réalisateur livre à ce jour son meilleur film et surtout un avenir prometteur qui risque forcément de refaire parler de lui comme un cinéaste engagé.

Vu 17 février 2016 au Club de l’Etoile , en VO

Note de Mulder: